Mokhtar Ben Nasr : « l’existence de camps d’entraînement au sud du pays est une rumeur»
Le colonel Mokhtar Ben Nasr, porte-parole du ministère de la Défense nationale, était jeudi, l’invité de la matinale Expresso. Au menu : la sécurité aux frontières (1300 kms de littoral, 960 kms avec l’Algérie et 450 kms avec la Libye).
Le colonel, qui était interviewé par Hajer Ben Cheikh Ahmed, a tenu à préciser, de prime abord, qu’en comparaison avec l’année précédente, la sécurité aux frontières s’est nettement améliorée au triple niveau des ressources humaines, des équipements et de la logistique. « les tunisiens peuvent être rassurés, a-t-il-soutenu, l’armée maîtrise parfaitement la situation aux frontières ».
S’agissant de l’arraisonnement dramatique par la garde côte libyenne d’une embarcation de pêche tunisienne avec comme triste résultat le décès du capitaine Ammar Labyadh, le colonel Mokhtar Ben Nasr a déploré ce drame et indiqué que c’est la deuxième fois que cela arrive avec la Libye et que généralement, ce genre d’incident est réglé, comme c’est le cas avec l’Italie, par des moyens pacifiques. Concernant la contrebande (import et export non réglementaires de produits alimentaires, alcools, carburants, devises, médicaments, armes, cuivre, armes, bétail, boutures de palmiers…), le Colonel a révélé qu’outre le contrôle régulier des postes de transit, des troupes montées veillent, jour et nuit, au grain à la montagne (Nord ouest du pays entre Babouch et Ghrdimaou) et au Sahara. Il a fait remarquer à propos des armes que les quantités importées illégalement dans le pays sont minimes et a qualifié de « rumeur » l’existence de camps d’entraînement au sud de Tataouine, rappelant que le sud du pays, c'est-à-dire entre Matrouha (Tataouine) et Borj El Khadra (extrême sud du pays) est une zone militaire contrôlée en temps réel.En ce qui concerne l’émigration illégale, le Colonel a révélé que l’armée n’est pas habilitée ni à empêcher les tunisiens à quitter ni à protéger les frontières des pays auxquels se rendent les émigrés clandestins.Quant aux conséquences de la décision d’autoriser les maghrébins à visiter la Tunisie, le Colonel Mokhtar Ben Nasr a fait observer que la mise en œuvre d’une telle disposition suppose une préparation au préalable des agents de douane, de la police et de la gendarmerie.
