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Taoufik Rajhi : La privatisation des entreprises publiques n’a généré que 6 milliards de dinars tunisiens

today18/12/2021

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L’ancien ministre chargé des grandes réformes, Taoufik Rajhi a révélé, ce samedi 18 décembre 2021, que tous les gouvernements n’ont pas voulu aborder le dossier des grandes réformes, étant un sujet sensible et polémique. 

Lors de sa présence dans l’émission Ligne Rouge, Rajhi a affirmé que les tiraillements politiques et la course vers le pouvoir ont entravé le traitement de ces dossiers.

La privatisation des entreprises publiques n’a généré que 6 milliards de dinars

L’invité de Nachâat Azzouz a souligné que le dossier des entreprises publiques doit être mis à l’abri des querelles politiques, rappelant que  la privatisation n’est pas la solution. D’ailleurs, les opérations de privatisation de 228 entreprises publiques entre 1987 et 2016 n’ont généré que 6 milliards de dinars, dont  3.5 milliards de dinars résultant de la privatisation de Tunisie Télécom.

Les réformes du secteur public ont été réduite au seul dossier de la privatisation

Les responsables ont réduit le dossier des réformes à la privatisation. Ainsi, la question des réformes est devenue une question controversée et un sujet de conflit avec la partie sociale.

Et d’ajouter : “Le livre blanc des réformes a été élaboré d’une manière participative, et que plusieurs parties y étaient impliquées dont l’UGTT. Or, depuis 2018, la réforme du secteur public a été réduite à la seule question de privatisation”.

Nous n’avons plus d’entreprises publiques à privatiser

Dans ce contexte, Rajhi a souligné que nous n’avons pas d’ entreprises publiques à privatiser aujourd’hui, et qu’il convient de capitaliser les entreprises existantes avant de penser à les privatiser.

“Il est difficile d’aborder le sujet des réformes dans un contexte aussi vulnérable que le contexte politique tunisien avec une centrale patronale plus puissante que le gouvernement et des élections législatives à l’horizon”, a-t-il avancé.

Et de poursuivre qu’il n’existe pas de lignes rouges et que les agendas des parties politiques diffèrent de ceux des parties sociales.

Sur un autre plan, Rajhi a considéré que la Tunisie n’aurait pas dû mettre fin au programme de financement du FMI, en raison de quelques problèmes infimes liés à la masse salariale. La Tunisie n’a pas pu entamer de nouvelles négociations avec le FMI depuis cette rupture du programme de financement, d’après ses dires, rappelant qu’il n’y avait pas d’instructions imposées par le FMI. Sauf qu’aujourd’hui, tout le monde appelle à la conclusion d’un accord avec le FMI.

L’ancien ministre des réformes a mis l’accent sur la nécessité de faire la différence entre deux types d’entreprises publiques : des entreprises productives, et des entreprises qui constituent le prolongement de la politique sociale de l’Etat comme la CNAM, la CNRPS, la STEG, l’Office National de l’Huile. Selon lui, la majorité de la dette publique est liée à la deuxième catégorie d’entreprises publiques. Bienheureusement, un plan de réforme partiel a été mis en place pour assurer le paiement des pensions de retraite.

Et d’enchaîner que le dossier des grandes réformes porte sur des questions assez diversifiées et à la croisée de plusieurs ministères. A cet effet, il doit être abordé au niveau de la présidence du gouvernement.

La loi relative à la gouvernance des entreprises publiques a été rejetée par l’UGTT pour cette raison..

 L’invité de l’émission Ligne Rouge a également indiqué que la stratégie de la gouvernance des entreprises et la loi élaborée à cet effet ne portaient pas sur la privatisation, mais visaient plutôt l’amélioration de la productivité et la garantie d’une gouvernance interne desdites entreprises, à l’instar des banques publiques.

Cette loi a été rejetée à l’époque par l’UGTT pour des considérations  purement idéologiques, et ce, en raison des articles relatifs à la restructuration des entreprises publiques, dans la mesure où l’UGTT prônait la pérennité du caractère public de ces entreprises et s’opposait à sa privatisation.

Écrit par: Islam Sassi


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