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today24/06/2025
Une note d’analyse sur le phénomène du secteur informel en Tunisie a révélé que 1,6 million de Tunisiens, soit près de la moitié des actifs (44,8 % en 2019), travaillent dans le secteur informel.
Cette note, élaborée par le projet « Nahkiw Iqtisad » (Parlons Économie), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’organisation Experts France, a analysé les dimensions de ce phénomène dans un effort visant à en définir les contours, les zones de concentration, ainsi que les solutions disponibles pour le gérer.
Le secteur informel regroupe toutes les situations qui ne respectent pas les procédures légales encadrant les activités économiques et l’emploi, notamment en ce qui concerne le respect des obligations fiscales, la couverture sociale et les exigences du Code du travail.
La note indique que les activités informelles qui attirent les travailleurs sont principalement concentrées dans l’agriculture, le bâtiment et le commerce, ces trois secteurs absorbant environ les deux tiers des travailleurs du secteur informel.
Il est à noter que la majorité des activités informelles se déroulent dans les zones rurales, notamment dans l’ouest du pays, du fait de l’importance de l’activité agricole dans ces régions.
Selon les dernières enquêtes de terrain menées par l’Institut national de la statistique (INS) et l’Observatoire national de l’emploi et des compétences, 87 % des petits employeurs et des travailleurs indépendants opérant dans le secteur informel perçoivent des revenus ne dépassant pas 600 dinars par mois. La majorité d’entre eux sont, selon cette enquête, vendeurs ambulants, artisans ou agriculteurs disposant de faibles ressources.
La note recommande que la transition du secteur informel vers l’économie structurée passe par une approche progressive reposant sur trois leviers essentiels : la protection des catégories vulnérables, le soutien aux petits employeurs et l’intégration progressive des travailleurs dans le circuit économique.
Dans ce cadre, elle souligne le rôle crucial des pouvoirs publics pour renforcer les moyens de l’administration, notamment en matière de facilitation de la fiscalité, de couverture sociale et de contrôle du travail, tout en appuyant la numérisation pour le suivi des activités économiques.
Elle insiste également sur la nécessité de concentrer les efforts sur certains secteurs, comme le bâtiment, le commerce de détail et de gros, qui sont fortement dominés par des activités informelles, en parallèle avec un soutien accru aux campagnes de sensibilisation.
Enfin, la note souligne l’importance de sensibiliser les travailleurs et les employeurs aux avantages du secteur formel (retraite, sécurité sociale, accès au crédit, etc.). Elle plaide pour l’instauration d’un climat de confiance entre l’État et les contribuables, précisant que l’État doit être perçu comme juste. Car si les citoyens estiment que la loi ne s’applique pas équitablement à tous, ils refuseront d’intégrer un système qui punit les plus faibles, selon la note.
Écrit par: Meher Kacem
Nahkiw Iqtisad secteur informel