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Boubaker Bethabet dénonce le climat de crainte ressenti par certains juges

today07/10/2025

Arrière-plan

Le bâtonnier des avocats, Boubaker Bethabet, a indiqué que tous les membres du Conseil de l’Ordre des avocats ont désormais été élus et que les responsabilités internes ont été réparties. Il a également précisé que des commissions de travail ont été mises en place au sein du Conseil afin de commencer à exercer leurs missions respectives.

Bethabet a également affirmé, au micro d’Expresso, ce mardi 7 octobre 2025, que le mode de fonctionnement des avocats dans les tribunaux reste archaïque et obsolète, ne suivant pas les évolutions technologiques et organisationnelles actuelles. Cette situation, a-t-il ajouté, crée des difficultés professionnelles et affecte négativement la productivité et les revenus des avocats.

Une profession fragilisée par la crise économique

Le bâtonnier a souligné que la profession d’avocat, en tant que secteur de services, est directement impactée par la conjoncture économique et sociale.

Il a fait remarquer que de nombreux avocats, en particulier les jeunes, souffrent d’une baisse importante de leurs revenus en raison de la crise économique. Même les avocats les plus expérimentés n’ont pas été épargnés par cette situation.

Boubaker Bethabet a appelé à l’élaboration de plans concrets et à des actions urgentes pour trouver de vraies solutions, précisant que le Conseil de l’Ordre a déjà préparé plusieurs propositions qui seront soumises aux autorités publiques.

Selon lui, « il n’est plus possible de continuer sur la même voie ».

Il a insisté sur la nécessité de revaloriser le rôle de l’avocat et de réformer les textes encadrant la profession afin de garantir un meilleur exercice et un cadre législatif plus efficace.

Justice, investissement et rôle du barreau

Dans un autre registre, Bethabet a affirmé que l’un des indicateurs clés de l’attractivité des investissements réside dans la confiance accordée au système judiciaire : « toute atteinte au système judiciaire décourage les investisseurs, qu’ils soient locaux ou étrangers. »

Et d’ajouter que l’avocat « représente la moitié de l’effort de la justice. Il est la porte d’entrée du citoyen dans le système. S’il accomplit pleinement son rôle, les résultats positifs se répercuteront sur tout le monde, y compris sur le juge lui-même. »

Il a toutefois estimé que la situation actuelle des tribunaux est préoccupante et nécessite des solutions urgentes. Le Conseil prévoit ainsi de préparer des rapports et des propositions techniques à soumettre aux autorités compétentes.

Vers un nouveau cadre juridique régissant la profession

Concernant le cadre juridique de la profession, le bâtonnier a annoncé la préparation d’un nouveau projet de loi modernisant l’organisation du métier d’avocat.

Une commission interne du Conseil se réunira jeudi prochain afin d’établir une feuille de route pour élaborer ce projet dans les plus brefs délais.

Belthabet a souligné que le décret actuel présente de nombreuses lacunes.

L’indépendance du pouvoir judiciaire, une bataille collective

Le bâtonnier a par ailleurs affirmé que la stabilité du pouvoir judiciaire constitue une revendication sociétale et une garantie essentielle pour les justiciables.

Et d’affirmer que la justice doit être indépendante et au service de tous, citoyens comme institutions publiques.

Selon lui, la bataille pour l’indépendance de la justice est une cause commune à l’ensemble de la société.

Bethabet a aussi dénoncé le climat de crainte ressenti par certains juges, rappelant que l’absence du Conseil supérieur de la magistrature depuis deux ans constitue une violation de la loi : « il existe un système qui fonctionne en dehors du cadre légal. Le Conseil supérieur de la magistrature est la garantie essentielle pour le contrôle et la reddition des comptes des juges. Il doit être rétabli d’urgence. »

Priorités de la prochaine étape

Le bâtonnier a affirmé que les priorités du Conseil dans la période à venir seront :

    • Défendre la capacité des avocats à exercer leurs missions dans de bonnes conditions,
    • Adopter une nouvelle loi régissant la profession,
    • Réformer les institutions de l’Ordre,
    • Protéger les principes d’un procès équitable.

Écrit par: Meher Kacem



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