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Express Radio Le programme encours
today12/06/2026
Le député à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Hatem Labaoui, a affirmé que le phénomène de la fraude aux examens nationaux, en particulier à l’examen du baccalauréat, constitue une véritable menace pour l’avenir de la Tunisie et pour le principe de l’égalité des chances. Il a estimé que la lutte contre ce fléau exige une mobilisation de l’ensemble des institutions de l’État ainsi qu’un renforcement du cadre juridique et des moyens technologiques mis en œuvre.
Il a révélé, au micro d’Expresso, ce vendredi 12 juin 2026, que la session principale du baccalauréat 2026 a enregistré 955 cas de fraude. Selon lui, ce chiffre témoigne à la fois de l’évolution des méthodes utilisées par les fraudeurs et de l’efficacité accrue des dispositifs de détection et de répression mis en place par les autorités. Il a salué les efforts déployés par le ministère de l’Éducation, le ministère de l’Intérieur et les autorités judiciaires, rappelant que le gouvernement a adopté des mesures exceptionnelles pour préserver la crédibilité du diplôme national, notamment la suspension des services Internet pendant les épreuves.
Le député a expliqué que la lutte contre la fraude nécessite d’importants moyens financiers et technologiques. Il a indiqué que le ministère de l’Éducation ne dispose pas actuellement des équipements de brouillage électronique nécessaires pour sécuriser pleinement les centres d’examen, ce qui a conduit les autorités à recourir à des solutions alternatives. Selon lui, l’État a accepté de sacrifier certains intérêts économiques en interrompant l’accès à Internet durant les examens afin de garantir leur intégrité, tout en considérant que cette mesure constitue une première étape qui devra être améliorée dans les années à venir.
Hatem Labaoui a également annoncé avoir déposé une proposition de loi visant à moderniser le cadre juridique relatif à la fraude lors des examens et concours nationaux. Il a précisé que la législation actuellement en vigueur repose encore sur un décret datant de 1941, prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison. La nouvelle initiative législative établit une distinction entre les candidats impliqués dans la fraude et les réseaux organisés qui exploitent les examens à des fins lucratives. Elle prévoit de ne pas infliger de peines d’emprisonnement aux candidats, en privilégiant des sanctions disciplinaires, tout en renforçant les sanctions pénales et financières contre les réseaux de vente, de facilitation et de promotion de la fraude. Les peines proposées concerneraient également tout agent public reconnu coupable de fuite de sujets d’examen ou de complicité dans des opérations de fraude.
Le député a en outre souligné que les équipements utilisés pour tricher sont devenus extrêmement sophistiqués. Il s’agit notamment de minuscules appareils électroniques, de téléphones de la taille d’une carte bancaire ou encore d’écouteurs sans fil très difficiles à détecter. Le coût de ces dispositifs peut atteindre 500 à 600 dinars, tandis que certains réseaux proposent des services complets comprenant la fourniture du matériel et l’assistance de personnes chargées de répondre aux épreuves à distance. Selon lui, ces organisations fonctionnent désormais comme de véritables réseaux criminels.
Il a estimé que la fraude est « plus dangereuse que la drogue », considérant qu’elle favorise le développement d’autres formes de corruption. Il a insisté sur le fait que la lutte contre la fraude aux examens constitue une composante essentielle de la construction d’un État de droit et d’institutions solides, estimant que la tricherie scolaire représente la première graine de la corruption administrative, financière et morale.
Et d’appeler à l’allocation de ressources financières plus importantes dans le budget 2027 du ministère de l’Éducation afin d’acquérir des technologies modernes capables de limiter ce phénomène. Il a également plaidé pour la poursuite de la coordination entre les différents ministères, les services de sécurité et les autorités judiciaires afin de garantir l’égalité des chances entre tous les candidats et de préserver la valeur des diplômes nationaux.
Écrit par: Meher Kacem