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Moez Laabidi : La flamblée de l’inflation va persister, même après la crise russo-ukrainienne

today23/05/2022 13

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Invité de l’émission Expresso, l’universitaire et expert économique, Moez Labidi, a déclaré que la hausse du taux d’inflation s’explique par les politiques monétaires induites par la crise mondiale de 2008. Ce taux s’est ensuite baissé, lors de la crise sanitaire, avant de s’envoler avec la reprise économique post-Covid.

Laabidi a affirmé que la crise russo-ukrainienne a entraîné la hausse des prix des produits de base comme les céréales, le pétrole et le gaz, estimant que le taux d’inflation ne baissera pas, même après la fin de cette crise.

Quant à l’inflation induite par la hausse des prix des céréales, elle ne tardera de baisser, d’après ses dires, sachant que la transition énergétique n’a fait qu’entériner les taux d’inflation.

L’invité de l’émission Expresso a souligné que les réformes sont bloquées en Tunisie et ce, contrairement aux autres pays et le relèvement du taux directeur aura des répercussions tangibles sur le taux de croissance.

La Tunisie est actuellement dans une situation exceptionnelle et il n’est pas envisageable d’agir sur le taux d’intérêt ou de faire baisser le taux d’inflation. 

Face à l’envolée de l’inflation, la BCT s’est retrouvée contrainte d’augmenter le taux directeur, à l’instar de 117 banques centrales dans le monde, qui ont revu à la hausse le taux directeur suite à la crise en Ukraine.

Quoi que ce relèvement soit prévisible, l’universitaire et expert économique, Moez Laabid a estimé que cette décision va nuire à la croissance et à l’investissement en Tunisie, d’autant plus que le climat politique actuel est instable et loin d’être encourageant aux yeux des investisseurs.

“La politique monétaire qui sera suivie par la Tunisie doit être liée aux finances publiques et aux réformes. La Tunisie doit faire face aujourd’hui à deux grands défis majeurs, à savoir : surmonter la crise financière et engager des réformes structurelles”, a-t-il développé.

Il a appelé, à cet effet, à repenser les réformes escomptées pour que les politiques financières et monétaires publiques soient plus efficientes.

Et de rappeler que la BCT était contrainte de revoir le taux d’intérêt directeur dans la mesure où le déficit courant dépassera les 10% à fin 2022. Ce qui sera de nature de creuser la dévaluation du dinar et les réserves de la Tunisie en devises.

 
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Écrit par: Islam Sassi



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