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Express Radio Le programme encours
today02/06/2026
Ahmed Amine Azzouzi, expert en stratégies et structuration des industries créatives, a expliqué que les industries culturelles et créatives regroupent l’ensemble des activités dont la matière première essentielle est la créativité humaine. Elles englobent notamment le cinéma, la musique, l’édition, le théâtre, la danse, le design, les jeux vidéo ainsi que la création de contenus numériques.
Il a souligné, au micro d’Expresso, ce mardi 2 juin 2026, que ce secteur représente à l’échelle mondiale environ 3 % du produit économique mondial. Certains pays ont toutefois réussi à porter sa contribution à des niveaux beaucoup plus élevés. Il a cité l’exemple de la Corée du Sud, qui a fait des industries culturelles et créatives un choix stratégique, favorisant ainsi le rayonnement international de la musique coréenne, des séries télévisées, des jeux vidéo et des produits culturels du pays.
Azzouzi a également évoqué les expériences d’autres pays ayant réussi à utiliser leur culture comme levier d’influence économique et culturelle, à l’instar de la Turquie grâce à ses séries télévisées, du Liban à travers les secteurs de l’édition et de la musique, ou encore des États-Unis, où les industries culturelles et créatives représentent une part importante de l’économie nationale. Il a également cité l’Égypte, qui a consolidé son influence culturelle dans le monde arabe grâce au cinéma, à la musique et à la production télévisuelle.
Il a affirmé que la Tunisie dispose d’un important vivier de talents et d’un fort potentiel créatif. Il a notamment rappelé la présence de films tunisiens aux cérémonies des Oscars, ainsi que le succès rencontré par les rappeurs tunisiens et les créateurs de contenus sur les scènes arabe et internationale.
Malgré ces atouts, la contribution du secteur à l’économie tunisienne demeure limitée. Elle ne dépasse pas 0,4 % du produit intérieur brut (PIB), alors que certaines études estiment que son chiffre d’affaires s’élevait à environ 1,5 milliard de dinars en 2019.
Selon Azzouzi, les principaux défis auxquels le secteur est confronté en Tunisie résident dans la faiblesse de sa structuration juridique et économique, l’absence d’un système intégré de protection de la propriété intellectuelle, ainsi que les limites des mécanismes de distribution, de promotion et d’exportation des produits culturels.
Il a précisé que les textes législatifs relatifs aux droits d’auteur et à la propriété intellectuelle existent déjà, mais que le principal problème réside dans leur application effective et dans le manque de sensibilisation à l’importance du respect des droits de propriété intellectuelle, tant chez les exploitants que chez les créateurs eux-mêmes.
Ahmed Amine Azzouzi a également insisté sur la nécessité de considérer les industries culturelles et créatives comme une composante à part entière de la stratégie nationale de développement, et non comme un simple dossier relevant exclusivement du ministère des Affaires culturelles. Il a souligné que le développement du secteur nécessite l’implication de plusieurs ministères et institutions, notamment ceux des Finances, de l’Industrie, de l’Investissement, de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, ainsi que du secteur privé et de la société civile.
Et d’affirmer que la Tunisie possède tous les atouts nécessaires pour réaliser un saut qualitatif dans ce domaine. Toutefois, elle a besoin d’une vision nationale claire, de réformes législatives et institutionnelles, ainsi que d’incitations à l’investissement capables de transformer la créativité tunisienne en une véritable force économique et culturelle.
Écrit par: Meher Kacem
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