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Express Radio Le programme encours
today05/11/2025
La Tunisie avance à pas sûrs vers l’ancrage de l’économie circulaire comme choix stratégique pour relever les défis environnementaux et énergétiques, en transformant les déchets d’un fardeau écologique en ressource économique productive. Cette orientation s’inscrit dans le cadre d’une vision nationale intégrée, soutenue par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et un partenariat institutionnel entre les différentes structures gouvernementales.
Abdallah Al Dardari, secrétaire général adjoint des Nations unies et directeur du bureau régional des États arabes du PNUD, a affirmé que la Tunisie a franchi des étapes importantes dans son processus de transition vers l’économie circulaire.
Il a précisé qu’elle est en train de finaliser un modèle économique (Business Model) dédié à l’investissement vert.
Lors de son intervention dans l’émission Expresso, Al Dardari a souligné que les efforts conjoints entre les Nations unies et les structures tunisiennes ont permis de mobiliser des ressources financières considérables pour financer les études de faisabilité, réduire les risques et garantir les prêts bancaires destinés aux investisseurs.
Il a ajouté que la Tunisie dispose d’atouts solides lui permettant de devenir un pôle régional de premier plan dans le domaine de l’économie circulaire, avant de conclure : « nous investissons en Tunisie pour qu’elle devienne un modèle à suivre dans la région ».
De son côté, Nafaa Baccari, directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), a expliqué que la Tunisie n’est pas épargnée par les défis mondiaux en matière d’énergie, d’eau et d’environnement.
Il a insisté sur le fait que la valorisation des déchets constitue l’une des solutions majeures pour atteindre l’indépendance énergétique.
Selon lui, le pays est capable de produire 10 000 gigawattheures d’électricité par an à partir des déchets, soit environ 40 % de ses besoins nationaux.
Il a rappelé que le tarif actuel de rachat de l’électricité produite à partir du biogaz, fixé à 307 millimes par kilowattheure, a permis d’attirer les investisseurs et de stimuler les investissements dans les énergies alternatives.
Baccari a également souligné que l’agence œuvre à moderniser le cadre législatif et numérique à travers la création d’une plateforme nationale d’échange d’informations entre les institutions concernées, afin de renforcer la transparence et de faciliter la mise en œuvre des projets.
Pour sa part, Badr Eddine Lasmar, directeur général de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED), a annoncé la prochaine publication d’un texte législatif encadrant la production de carburant solide à partir des déchets, estimant que la valorisation énergétique des déchets est désormais une nécessité nationale.
Il a précisé que la Tunisie a produit plus de 15 millions de mètres cubes de biogaz en 2024, et que des projets sont en cours à Sousse et à Djerba pour produire du biogaz et de l’électricité à partir de déchets organiques.
L’ANGED permet également chaque année à 900 à 1 000 jeunes de créer des projets dans les domaines de la collecte, du recyclage et de la valorisation, a-t-il ajouté.
Selon Lasmar, la Tunisie dispose d’un fort potentiel pour transformer ses déchets en énergie et en richesse économique et écologique.
Écrit par: Meher Kacem
ANGED ANME Economie circulaire PNUD