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Ennaifer: « La notation souveraine de la Tunisie devrait être mise à jour »

today01/11/2023 11

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L’analyste financier Bassem Ennaifer a déclaré, mercredi 1er novembre 2023, que la baisse du taux de croissance initial de 1,8 % à 0,9 %, dans la loi de finances rectificative pour 2023, était due au déclin observé dans le secteur agricole au cours de la saison dernière et la pénurie d’eau.

Lors de son apparition dans l’émission Expresso, Ennaifer a affirmé que le taux d’inflation a encore augmenté au cours du mois d’août en raison de l’augmentation des prix des produits agricoles et alimentaires au cours du mois de juillet, caractérisé par une baisse de la production à cause des températures record.

Il a, en effet, exprimé son espoir que la production du secteur agricole s’améliorera au cours de la nouvelle campagne, et a appelé à la nécessité de s’attaquer aux problèmes rencontrés par le secteur agricole pour réduire son impact négatif sur le taux de croissance, en particulier à la lumière de la rareté des pluies depuis le début de la nouvelle saison.

Note souveraine de la Tunisie

Ennaifer a considéré que le respect de la Tunisie de ses engagements envers les marchés extérieurs est un indicateur positif.

Par ailleurs, le ministre des Finances a annoncé le paiement de 81 % du service total de la dette extérieure de la Tunisie jusqu’à fin octobre 2023.

En dépit des pressions exercées sur les finances publiques, la Tunisie a payé lundi 500 millions d’euros de principal et 33 millions d’euros d’intérêts sur la dette extérieure, selon la ministre.

Dans le même contexte, Ennaifer a indiqué que la notation de la Tunisie devrait être mise à jour vendredi 8 décembre 2023, tout en excluant un nouvel abaissement de la note souveraine de la Tunisie.

Il a, également, estimé que l’année 2023 est considérée comme très bonne en termes de valeur des revenus en devises. Cependant, ceci n’a pas été investie dans la création de richesse en raison de sa coïncidence avec le paiement des échéances de la dette extérieure due par la Tunisie cette année.

Concernant le projet de loi de finances pour l’année 2024, Ennaifer a indiqué qu’il prévoit l’affectation de 11,337 millions de dinars aux dépenses des subventions, ce qui représente 19 % des dépenses de l’Etat et 6,5 % du produit intérieur brut, ce qui est un chiffre très important dont la majorité est allouée aux subventions aux carburants (7 milliards de dinars).

Il a, aussi, souligné la nécessité de trouver une solution au système de subvention, car le montant alloué aux subventions est très important et ne permet pas le développement de l’économie nationale. D’autre part, il n’est pas possible d’augmenter davantage les prix.

Augmentation des prix du pétrole? 

Ennaifer a expliqué que l’hypothèse de 81 dollars le baril a été adoptée dans le projet de loi de finances pour 2024, alors que tous les indicateurs actuels indiquent que les prix seront plus élevés.

Il a, en effet, rappelé les prévisions récemment publiées par la Banque mondiale, qui établissent trois scénarios concernant les prix du pétrole compris entre 90 et 150 dollars le baril, soulignant que les prix actuels se situent dans la fourchette de 88 dollars le baril.

Chaque hausse d’un dollar du prix du baril de pétrole accroît la charge sur le budget de l’Etat de 144 millions de dinars, selon lui.

D’après lui, il est certain que la guerre contre Gaza aura des répercussions sur l’économie mondiale, en excluant l’hypothèse que les prix soient inférieurs à 80 dollars le baril de pétrole en 2024.

2024, année de pic

L’invité a estimé que l’année 2024 constitue l’année du pic par rapport aux dettes extérieures, soulignant l’impact significatif du taux de change du dinar tunisien sur les dettes et le service de la dette. Il a, en effet, estimé qu’il est difficile de réduire actuellement le taux d’intérêt fixé à 8 %.

Ennaifer a mis en garde contre la continuité d’endettement intérieur et son impact sur la liquidité du pays et sur l’ampleur des risques supportés par le secteur bancaire, estimant que l’endettement direct de la banque centrale n’est pas une solution et compliquera davantage la situation, appelant à une évolution vers la création de richesse dans l’économie nationale.

Écrit par: Yosra Gaaloul



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