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Express Radio Le programme encours
today05/05/2025
Jean-Luc Revéreault, représentant de la Banque européenne d’investissement (BEI) en Tunisie, a évoqué ce lundi 5 mai 2025 la visite officielle du vice-président de la banque en Tunisie les 28 et 29 avril 2025.
À cette occasion, plusieurs membres du gouvernement ont été rencontrés et de nouveaux accords de financement et de subventions ont été signés, avec le soutien de l’Union européenne.
Jean-Luc Revéreault a souligné, au micro d’Expresso, ce lundi 5 mai 2025, que cette visite s’inscrit dans le cadre du suivi de l’avancement des accords signés l’année dernière lors du Forum de l’investissement en Tunisie.
Elle vise également à confirmer la présence continue et le soutien de l’Union européenne à la Tunisie. Il a également mentionné la visite prochaine du directeur général pour la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) et du Golfe à la Commission européenne, ainsi que celle de la commissaire européenne en charge de la région MENA dans les prochains jours.
Il a souligné que ces visites confirment l’appui constant et le renforcement du partenariat entre la Tunisie et l’Union européenne.
Il a aussi fait référence à la signature d’accords de financement d’un montant total de 30 millions d’euros, avec un délai de remboursement de 30 ans et un délai de grâce de 6 ans, entre le ministère de l’Économie et de la Planification et la BEI, soutenus par l’UE. Ces fonds sont répartis en 22 millions d’euros pour la SONEDE (Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux) et 8 millions d’euros pour l’État tunisien.
Revéreault a souligné l’importance du secteur de l’eau pour le gouvernement tunisien, ainsi que pour les partenaires techniques et financiers. L’objectif est de garantir l’accès à l’eau potable, à l’irrigation, et de traiter les eaux usées pour leur réutilisation.
Une subvention de 15 000 euros a été accordée à l’ONAS (Office national de l’assainissement) pour développer des solutions naturelles de traitement des eaux usées, évitant le recours aux produits chimiques.
L’objectif est de dépasser les 50 % de réutilisation des eaux traitées à moyen terme, à des fins industrielles et agricoles.
Il a expliqué que les projets financés le sont à des conditions exceptionnelles, économiquement et techniquement viables, avec un bon retour sur investissement. Le soutien technique permet une meilleure exécution, avec des financements couvrant jusqu’à 50 % après la présentation de toutes les données nécessaires.
Il a précisé que les projets publics prennent du temps à être mis en œuvre, car ils nécessitent des études approfondies. Une convention de soutien technique de 5 millions d’euros a d’ailleurs été signée la semaine dernière pour financer des études de projets publics prioritaires.
Des experts seront mobilisés dans plusieurs domaines pour accompagner les projets futurs, notamment la réhabilitation du réseau ferroviaire et le stockage de l’énergie. L’objectif est d’atteindre 35 % d’énergies renouvelables d’ici 2030.
Parmi les solutions envisagées, un projet de station de pompage-turbinage à Tabarka, permettant de stocker l’énergie en pompant de l’eau, puis de produire de l’électricité selon les besoins. Une enveloppe de 1,5 million d’euros est prévue pour l’étude d’impact environnemental.
Il a rappelé que 300 millions d’euros ont été déboursés l’année dernière, et que la priorité reste l’achèvement des projets déjà engagés, avec des avancées significatives.
Revéreault a insisté sur l’importance pour le gouvernement tunisien de définir ses priorités en matière d’investissement, en soulignant que l’efficacité énergétique ne se limite pas à la production d’énergie verte, mais implique aussi la réduction de la consommation, domaine dans lequel des efforts restent à faire.
Il a aussi évoqué les pertes d’eau sur les réseaux, estimées à 30 %, et affirmé le soutien aussi bien au gouvernement qu’aux entreprises privées. Un prêt de 160 millions d’euros a été accordé l’année dernière aux PME, via une sélection de banques opérée par la Banque centrale de Tunisie.
Il a mentionné des projets dans le cadre des partenariats public-privé (PPP), notamment l’aéroport d’Ennfidha et le pôle technologique de Sousse “Novation City”.
Enfin, il a rappelé que la BEI célèbre en 2025 les 20 ans de son bureau en Tunisie, bien que la coopération remonte à plus de 40 ans.
La BEI a investi plus de 7 milliards d’euros en Tunisie depuis son implantation, dont plus de 4 milliards au cours des dix dernières années.
Écrit par: Meher Kacem