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L’économie tunisienne en chiffres

today08/11/2022

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.Monnaie et financement

La croissance de la masse monétaire en circulation dans l’économie décélère au troisième trimestre 2022. Elle résulte fondamentalement du ralentissement des crédits à l’État. Un ralentissement qui apparaît nettement au niveau de la masse M3, dont la croissance s’établit à +8,6% en glissement annuel à fin septembre contre +9,7% et +10,5% respectivement, à la même date de 2021 et 2020. Ralentissement encore plus prononcé lorsqu’il s’agit de la monnaie liquide (billets de banque) en circulation : +5,9% en g.a après +9,1% à la même date de l’an dernier et +14,8% à fin septembre 2020. Néanmoins, les financements accordés à l’économie (essentiellement les entreprises du secteur public) ont rebondi cette année. L’exacerbation de l’inflation semble favoriser l’épargne financière des catégories à revenus élevés mais pas l’épargne populaire.

 

  • Chefs d’entreprises industrielles

Selon le dernier sondage de l’INS (Institut National de Statistiques), réalisé entre mi-août et début octobre 2022, le moral des chefs d’entreprises industrielles apparaît de plus en plus altéré. La cause : une détérioration de la situation d’ensemble du secteur industriel, la baisse de leur carnet de commandes, la baisse de la demande étrangère pour les entreprises exportatrices et les difficultés croissantes qu’ils rencontrent notamment pour s’approvisionner en matières premières et demi-produits. Seulement les industriels de la chimie et du textile et de l’habillement, semblent échapper à la morosité ambiante. Concernant les perspectives escomptées pour le dernier trimestre de l’année, peu nombreux sont ceux qui s’attendent à une amélioration : 29% vs 37% lorsqu’il s’agit des perspectives de l’entreprise, 29% vs 30% pour la situation d’ensemble du secteur.

 

  • Huile d’olive

Les données d’observation que vient de publier le FMI ont annoncé que le prix de la tonne métrique d’huile d’olive s’établissait au mois de septembre dernier à 4316,4 dollars, contre 4274,1 dollars au mois d’août et 4250,1 dollars au début de l’année 2022. Bien qu’en recul de -2,8% par rapport à septembre 2021, le prix de l’huile d’olive reste nettement orienté à la hausse, avec un tarif mondial de 4300$ / tonne métrique. Compte tenu des mauvaises récoltes attendues cette année dans tout le pourtour méditerranéen en raison de la sécheresse qui a sévi et aussi, en raison de la poursuite de la hausse de la demande mondiale d’huile d’olive, il semble malheureusement évident que les prix poursuivent leur envolée initiée depuis le début de cette année.

 

  • Tourisme

Le tourisme tunisien a engendré 3,4 milliards de dinars au terme des dix mois de l’année contre 1,9 et 4,8 milliards respectivement durant les mêmes périodes de 2021 et 2019. Elles ont augmenté de 81,3% en glissement annuel mais la hausse en dollars revient à 55,8%. Le secteur est encore loin de retrouver son niveau pré-pandémique. De 3,9% du PIB à fin octobre 2019, les recettes du tourisme représentent cette année 2,4% du PIB.

 

  • Transferts de la diaspora

Les envois de fonds des Tunisiens de l’étranger ont atteint en dinars, 7148 milliards de dinars tunisiens, correspondant à 2167 millions de dollars. À ce niveau, ils sont en hausse de 12,7% en dinars par rapport à la même période de l’année dernière mais en recul de -3,2% lorsque estimés en dollars. En réalité, les transferts de la diaspora ont nettement décéléré depuis la levée complète des restrictions sur les déplacements. Ils restent cependant, une source d’apport en devises plus de deux fois plus importante que le tourisme.

 

  • Service de la dette extérieure

La charge de la dette extérieure de la Tunisie s’établit cette année (situation arrêtée au terme des 10 premiers mois de l’année) à son niveau le moins élevé des trois dernières années : 6,8 milliards de dinars après respectivement, 9,2 milliards, 7,5 milliards et 8,3 milliards de dinars en 2021, 2020 et 2019. À ce niveau, elle correspond à 4,8% du PIB ; un chiffre légèrement supérieur à la moyenne des années 2010 : 4,7% du PIB. En dollars, la charge de la dette extérieure s’établit à 2,1 milliards soit, bien moins que les 2,2 milliards de dollars de transferts de la diaspora. La charge de la dette extérieure a absorbé jusqu’ici 64,3% des recettes provenant du tourisme et des transferts de la diaspora après le pic atteint à la même date de l’année dernière : 112,1%.

 

  • Gallup : Loi et ordre 2022

L’Institut de recherche américain Gallup a interrogé mille personnes dans chacun des 121 pays couverts par leur étude au sujet de leur confiance en leur police et sur leur sentiment de sécurité. Chaque personne interrogée a répondu à des questions liées à la confiance en la police locale, les vols et les agressions, ou encore la sécurité dans l’espace publique de nuit. Dans le rapport 2022 qui vient d’être publié, la Tunisie apparaît comme le pays le moins sûr d’Afrique du Nord et aussi – avec le Liban- parmi tous les pays du pourtour méditerranéen. Depuis que ce sondage existe en 2015, il apparaît clairement que la Tunisie n’a jamais brillé par la sécurité qu’elle assure à ses citoyens. En effet, la Tunisie a obtenu la note de 75 sur 100 et a été rangée à la 81ème place sur 121 pays.

 

 

Source : Ecoweek n° 40 | 2022

 

 

 

Inès Zarrouk

Écrit par: Rim Hasnaoui


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