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L’Italie reconfine à la hâte pour les fêtes

today19/12/2020

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À l’instar de nombreux pays européens, face à la résistance du virus, Rome vient d’annoncer de nouvelles restrictions pour les fêtes de fin d’année.

Il était temps ! À moins d’une semaine du réveillon de Noël, les Italiens viennent enfin d’être fixés sur leur sort pour cette chaotique fin d’année 2020. Après dix jours de bras de fer avec les gouverneurs des régions et de vives tensions au sein de la majorité, le Premier ministre, Giuseppe Conte, a pu dévoiler vendredi, tard dans la soirée, la nouvelle salve de restrictions imposées au pays du 24 décembre au 6 janvier prochain.

Un décret-loi comme un « point d’équilibre entre le durcissement à mettre en place et les exceptions nécessaires, compte tenu de l’importance sociale de ces fêtes pour notre communauté nationale », expliquait-il hier soir à la télévision. Mais, comme à son habitude, Rome n’a pas fait dans la simplicité. À charge pour les citoyens italiens de se débrouiller dans un méli-mélo de nouvelles règles qui prévoient tantôt la mise sous cloche du pays, tantôt l’assouplissement du confinement. Dans les grandes lignes, le décret-loi prévoit ainsi le passage de toute la péninsule en « zone rouge » au moment de Noël (du 24 au 27 décembre), du réveillon du Nouvel An (31 décembre au 3 janvier) et enfin à l’heure de l’épiphanie.

Les espoirs douchés des patrons de restaurant
Au total, dix jours de restrictions maximum avec fermeture de tous les commerces « non essentiels » et interdiction de déplacements, sauf pour motifs impérieux. Petite respiration concédée aux Italiens : la possibilité d’accueillir deux personnes extérieures au foyer dans le respect des heures du couvre-feu (de 5 heures à 22 heures). « C’est une mesure que nous avons pensée pour permettre ce minimum de sociabilité qui convient à cette période », souligne le Premier ministre Conte.

Durant les autres jours de cette pause hivernale sous cadenas, la Péninsule repassera en « zone orange », offrant ainsi la possibilité aux magasins de rouvrir leurs portes jusqu’à 21 heures et aux Italiens de pouvoir se déplacer dans les limites de leur commune de résidence, et dans un rayon de 30 kilomètres pour les villes de moins de 5 000 habitants.

Les annonces, déjà évoquées dans la presse depuis des jours, viennent doucher les derniers espoirs des patrons de bar et de restaurant du pays, qui comptaient encore sur la période des fêtes pour faire tourner la boutique et limiter la casse financière. Mais, du 24 décembre au 6 janvier, leurs commerces devront rester fermés (même si la vente à emporter et les livraisons restent autorisées). Les professionnels du secteur estiment la perte à 3 milliards d’euros. Mais « quiconque subit des dommages économiques doit être immédiatement soutenu », a promis le chef du gouvernement, annonçant une enveloppe d’aides de 645 millions d’euros.

Exode de masse
Chez les gouverneurs régionaux, l’annonce de ce décret-loi divise. Si, en Vénétie, on appelait depuis des jours avec insistance à de nouvelles mesures de restrictions, dans la Lombardie d’Attilio Fontana on espérait un peu moins de « rigidité ». « Nous en prenons acte et nous ne nous y opposons certainement pas », accepte tout de même, bon gré mal gré, l’élu de la Ligue. Colère, en revanche, du côté du patron de la région de Gênes, Giovanni Toti. « Je ne vois pas pourquoi imposer une zone rouge à la Ligurie pour Noël, alors que les Ligures se sont engagés ces dernières semaines et ont fait des sacrifices pour faire baisser la courbe de contagion », expliquait le président de centre droit ces derniers jours.

Partisan d’une ligne modérée à l’approche des fêtes de fin d’année, le président du Conseil, Giuseppe Conte, s’est finalement rallié en partie à l’aile « rigoriste » de son équipe gouvernementale, incarnée notamment par le ministre de la Santé Roberto Speranza. Pour l’élu, les deux semaines à venir représentent « la période la plus compliquée où le niveau d’interactions et de déplacements augmente beaucoup ». En effet, la presse transalpine craint déjà un exode de masse pour ce week-end avant la fermeture des frontières entre régions le 21 décembre avec près d’un million de personnes sur les routes, dans les trains et les avions à travers le territoire. Le ministre Speranza l’a de nouveau rappelé : « Si nous ne voulons pas nous précipiter vers la troisième vague, nous devons accepter des mesures de confinement encore plus strictes. »

Alors que les nouveaux cas de Covid-19 en Italie sont en baisse depuis près d’un mois (le pays en enregistrait près de 18 000 hier), les experts s’inquiètent de voir l’indice national de contamination légèrement remonter ces derniers jours. Autre facteur alarmant : le nombre de décès sur le territoire. Avec une moyenne de presque 650 morts par jour la semaine passée, la Péninsule totalise désormais le plus grand nombre de victimes du coronavirus sur le continent européen.

EFM/lepoint.fr

Écrit par: Manel gharbi


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