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Mohamed Nkhili : les billets de 50 dinars s’échangent parfois dans le circuit parallèle avec une prime de 5 dinars

today24/09/2025

Arrière-plan

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a annoncé la mise en circulation, à compter du 23 septembre 2025, d’un nouveau billet de 50 dinars (série 2022). Ce billet bénéficie de la validité légale et du pouvoir libératoire.

Selon le juriste spécialisé en droit bancaire, Mohamed Nkhili, cette nouvelle coupure « ne diffère de l’ancienne que par la date d’émission », tout en portant la signature du gouverneur de la BCT, Fathi Zouhair Ennouri, et de son adjoint.

Une forte demande sur le marché parallèle

Lors de son intervention dans l’émission Midi Express, Nkhili a souligné la pénurie persistante de billets de 50 dinars sur le marché, à tel point qu’ils s’échangent parfois dans le circuit parallèle avec une prime de cinq dinars. Une situation qu’il explique par « la facilité de stockage » de cette coupure, très recherchée.

Le spécialiste a rappelé que la loi sur les chèques a contribué à l’essor des paiements en espèces, accélérant ainsi l’usure des billets en circulation. « Il aurait été plus judicieux d’émettre de nouvelles coupures tout en retirant les anciennes pour obliger leur restitution et réinjecter les liquidités thésaurisées dans le système bancaire », a-t-il déclaré.

Une dépendance persistante au cash

Face aux critiques sur l’usure des billets et l’absence de nouvelles gammes, Nkhili a insisté sur un problème plus structurel : la culture du cash encore dominante en Tunisie.

Seuls 36 % des jeunes adultes (18 ans et plus) disposent d’un compte bancaire ou postal, un chiffre qu’il qualifie d’« inquiétant ». Plusieurs facteurs expliquent cette faible bancarisation :

  • La levée du secret bancaire à des fins fiscales,
  • Le refus de certaines banques d’ouvrir des comptes aux ménages à faibles revenus,
  • La préférence de nombreux citoyens pour les paiements en espèces plutôt que pour les transactions bancaires.

Un défi pour la modernisation financière

Pour l’expert, la mise en circulation de nouveaux billets, sans retrait simultané des anciens, ne suffira pas à réduire l’économie de cash. Un changement culturel et réglementaire reste nécessaire pour renforcer l’inclusion financière et canaliser les liquidités vers le système bancaire formel.

Écrit par: Meher Kacem



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