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Mustapha Ben Jaâfar : La durée de l’état d’exception n’a pas été prévue par l’article 80 de la Constitution et les partis politiques doivent renouer avec le peuple tunisien

today27 août 2021

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Le  président de l’Assemblée constituante, Mustapha Ben  Jaâfar, a indiqué que Kais Saied, aurait pu être une opportunité dans l’histoire de la Tunisie pour se rattraper et ne pas refaire les erreurs du passé,  ajoutant qu’il aurait bien aimé que le président de la République, Kais Saied, inaugure une nouvelle phase de l’histoire de la Tunisie.

“La tension entre les trois présidences était à son comble depuis la nomination de Hichem Méchichi à la tête du gouvernement, qui a tourné le dos au président de la République. Une situation qui a empiré avec l’immiscion de certaines parties politiques, donnant lieu à une scène politique répugnante”, a-t-il spécifié.

Ben Jaâfar a considéré, lors de sa présence dans l’émission Expresso, ce vendredi 27 août 2021, que l’intransigeance et l’aridité caractérisant le rapport entre Saied, Méchichi, et Ghannouchi a compliqué davantage la situation dans un pays d’ores et déjà sinistré avec une triple crise sanitaire, économique et sociale.

Sur un autre plan, il a souligné que l’article 80 de la Constitution n’a pas fixé le délai de 30 jours pour l’état d’exception. Il a accordé par contre au Parlement le pouvoir de statuer, à l’expiration de ce délai, sur le maintien de l’état d’exception, et ce, en saisissant la Cour constitutionnelle. Une Cour qui n’a pas encore vu le jour…

En effet, Kais Saied a défini cette durée pour limiter dans le temps, ces mesures exceptionnelles. Cela est, à vrai dire, salué et révèle les bonnes intentions du président de la République. Cependant, imposer des réformes structurelles et lutter contre la corruption, en un mois seulement, c’est de la pure candeur politique!

Ben Jaâfar a souligné que l’appréhension de ces dossiers prend assez du temps. Il reste que le flou marquant l’état général en Tunisie aura des répercussions sur l’image du pays aux yeux des pays étrangers et de la société internationale. A ne citer que les rebondissements de cet état d’exception sur le cours des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) qui ont été suspendues. Ces négociations, ne font pas partie des préoccupations urgentes de la Tunisie, malgré leur impact sur l’économie nationale.

Le président de l’Assemblée constituante a aussi évoqué la question des droits et des libertés en Tunisie et notamment la liberté de circulation, limitée en raison des mesures d’interdiction de voyage et d’assignation à résidence imposées à certaines personnalités politiques, députés, hommes d’affaires et magistrats. Ces mesures étaient pour la plupart sécuritaires et non judiciaires, et ce, contrairement aux attentes du peuple.

Et d’ajouter qu’il est temps pour les partis politiques au pouvoir et ceux  de  l’opposition de faire le point, repenser à leurs exploits et défaillances durant ces dix dernières années, et surtout essayer de renouer avec le peuple tunisien.

“C’est le moment de penser à des plans alternatifs et de préparer une loi relative à l’organisation des partis politiques, pour une scène politique saine, démocrate et transparente.  Ces alternatives doivent faire l’objet d’un consensus dans la mesure où un seul leader n’y arriverait pas et ne pourrait pas tout contrôler”, a assuré Mustapha Ben Jaâfar.

D’ailleurs, le président de la République est en droit d’avoir sa propre vision, qui ne pourrait être concrétisable qu’à travers les institutions de l’Etat. Il doit, d’après lui, interagir avec la scène politique. Les partis politiques, on ne peut pas s’en passer dans un pays démocratique et un Etat de droit.

“Je ne suis pas contre l’organisation d’un référendum. Néanmoins, je pense que c’est l’objet et le déroulement de ce référendum qui feront la différence”, a-t-il fait remarquer, ajoutant qu’il n’ a pas de réserves à propos du régime présidentiel d’une manière générale. Un régime qui doit garantir les droits et les libertés.

Et de poursuivre que la scène politique doit être, a priori purgée, et les corrompus doivent être poursuivis, particulièrement avec le chaos marquant la vie politique et le Parlement, indiquant qu’il faut patienter et ne pas choisir d’une manière hâtive et impensée le prochain chef du gouvernement.

Écrit par: Islam


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