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Express Radio Le programme encours
today11/05/2026
Hammadi Boubakri, membre du bureau exécutif de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), a affirmé que les indicateurs préliminaires de la saison céréalière actuelle en Tunisie sont très positifs. Il a estimé qu’une récolte importante pourrait être réalisée, contribuant ainsi à réduire les importations de céréales et à renforcer la sécurité alimentaire nationale, grâce à une saison pluvieuse exceptionnelle et à une nette amélioration de l’état des grandes cultures dans différentes régions du pays.
il a expliqué, au micro d’Expresso, ce lundi 11 mai 2026, que la saison agricole actuelle est considérée comme bonne, notamment après plusieurs années difficiles marquées par la sécheresse. Il a souligné que les pluies ont été régulières et bien réparties tout au long de la saison, ce qui a eu un impact positif sur la croissance des cultures et l’amélioration des rendements.
Il a ajouté que les superficies emblavées en céréales ont atteint environ 834 000 hectares dans le nord et 157 000 hectares dans le centre du pays. Selon les évaluations officielles, 70 % des cultures sont dans un très bon état, 25 % dans un état moyen et seulement 5 % en dessous de la moyenne, ce qui renforce les espoirs d’atteindre une récolte pouvant avoisiner les 20 millions de quintaux.
Boubakri a également indiqué que la Tunisie pourrait parvenir cette saison à l’autosuffisance en blé dur. Il a précisé que les besoins du pays varient entre 12 et 15 millions de quintaux, des quantités qui pourraient être couvertes au vu des indicateurs actuels, ce qui permettrait d’alléger la pression sur le budget de l’État et de réduire la facture des importations.
En revanche, il a précisé que les importations resteront nécessaires pour le blé tendre destiné à la fabrication du pain et de la farine, en raison d’une consommation plus importante que la production locale, malgré l’augmentation des superficies cultivées par rapport à la saison précédente.
Selon lui, chaque quintal produit localement représente un gain stratégique pour la Tunisie, notamment dans un contexte marqué par les perturbations des marchés mondiaux des céréales liées à la Guerre russo-ukrainienne et aux tensions géopolitiques internationales.
Le responsable de l’UTAP a expliqué que les différents intervenants du secteur agricole travaillent actuellement à assurer les meilleures conditions pour réussir la campagne, notamment au niveau des centres de collecte, du transport et du stockage. Il a précisé que les commissions régionales relevant du ministère de l’Agriculture et de l’Office des céréales effectuent des visites de terrain continues afin de vérifier l’état de préparation des centres de collecte, identifier les insuffisances techniques et y remédier avant le début des récoltes.
Il a toutefois souligné que le stockage demeure l’un des principaux défis du système céréalier chaque année. Selon lui, les autorités concernées ont pris plusieurs mesures afin d’augmenter les capacités de stockage en exploitant de grands entrepôts et en les préparant à accueillir la récolte attendue.
Boubakri a également insisté sur les difficultés structurelles persistantes du secteur, notamment la dégradation des pistes agricoles après les fortes pluies ayant touché les zones rurales. Il a rappelé que ces routes représentent des axes vitaux pour le transport des récoltes des exploitations vers les centres de collecte.
Il a par ailleurs appelé à une révision des prix d’acceptation des céréales afin de tenir compte de la forte hausse des coûts de production. Selon lui, les agriculteurs ont dû supporter cette saison des dépenses supplémentaires importantes en raison de l’augmentation des prix des produits phytosanitaires et de la multiplication des traitements contre les mauvaises herbes et les maladies fongiques.
Il a indiqué que certains intrants agricoles ont connu des hausses qui varient entre 20 % et 30 %, précisant que le prix de certains produits phytosanitaires dépasse désormais les 250 dinars le litre, ce qui pèse lourdement sur les producteurs.
Et d’appeler à un élargissement des cultures irriguées et à la mise à disposition de l’eau d’irrigation à des coûts raisonnables pour les agriculteurs. Selon lui, cela contribuerait à garantir l’abondance des produits agricoles et à maîtriser les prix sur le marché local. Il a souligné que la réussite de la campagne céréalière représente une réussite pour toute la Tunisie, en raison de son impact direct sur la sécurité alimentaire ainsi que sur la stabilité économique et sociale du pays.
Écrit par: Meher Kacem