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Samir Ammous met en garde contre les répercussions de l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE

today03/02/2026

Arrière-plan

L’expert international en politiques de l’énergie et du climat, Samir Ammous, a mis en garde contre les répercussions de l’entrée en vigueur, depuis le 1er janvier 2026, du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union européenne.

Il a souligné, au micro d’Expresso, ce mardi 3 février 2026, que les entreprises tunisiennes exportatrices sont appelées à se préparer de toute urgence à cette mutation, qui modifiera en profondeur les règles de la concurrence sur les marchés européens.

Ammous a expliqué que ce mécanisme imposera une taxe sur les produits importés dans l’Union européenne en fonction de la quantité d’émissions de carbone générées lors de leur fabrication. Il a précisé que la première phase concerne six secteurs principaux, dont le ciment, le fer, les engrais, l’hydrogène et l’électricité, avant un élargissement progressif à l’ensemble des activités industrielles à l’horizon 2030 et 2035.

Il a indiqué que ces mesures sont effectivement entrées en application depuis octobre 2023 à travers une phase déclarative obligeant les entreprises à divulguer l’empreinte carbone de leurs produits, avant le passage à une phase de perception fiscale complète à partir de 2026.

Selon Ammous, il ne s’agit pas d’une mesure économique conjoncturelle, mais d’un engagement international découlant de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et de l’Accord de Paris, visant à réduire la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, prévenir les dérèglements climatiques et atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Il a ajouté que les récentes perturbations climatiques et le déficit pluviométrique enregistrés en Tunisie démontrent que le pays est directement concerné par ces transformations, bien que sa contribution aux émissions mondiales ne dépasse pas 0,07 %.

Samir Ammous a estimé que la décarbonation représente un véritable défi pour les entreprises, car elle impose un changement profond des modèles de production et de consommation adoptés depuis des années, au profit de technologies moins polluantes et plus efficientes sur le plan énergétique. Il a cité parmi les principales difficultés le calcul de l’empreinte carbone des produits, la fixation d’objectifs clairs de réduction des émissions, l’investissement dans les technologies propres et l’adaptation aux nouvelles exigences du financement bancaire liées aux critères de durabilité.

Il a également insisté sur la nécessité d’ancrer une culture du changement au sein des entreprises, affirmant que la capacité d’adaptation deviendra un critère fondamental de la pérennité économique.

L’expert a souligné que si la décarbonation peut entraîner, à court terme, une hausse relative des coûts de production, elle permet à moyen et long terme de réaliser des gains importants, notamment la réduction des factures énergétiques, l’amélioration de la compétitivité des produits, la facilitation de l’accès aux financements internationaux et le renforcement de l’attractivité des entreprises sur les marchés extérieurs.

Il a conclu en affirmant que la transition vers la décarbonation est un processus irréversible et que la durabilité deviendra l’un des principaux critères de compétitivité économique dans les années à venir, estimant que la décarbonation n’est pas un fardeau économique, mais une opportunité de restructurer l’économie sur des bases plus résilientes et durables, conciliant protection du climat et développement économique.

Écrit par: Meher Kacem



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