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Express Radio Le programme encours
today15/04/2026
L’ancienne ministre française de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles, Sarah El Haïry est revenue sur les mesures de protection numérique en Frances et sur les nouvelles initiatives entre les deux rives de la Méditerranée.
Elle a affirmé, au micro d’Expresso, ce mercredi 15 avril 2026, que le plus gros risque est de considérer que tout le numérique est égal et qu’il faut le traiter de la même manière : « Nous sommes en train de vivre une vraie révolution technologique, il y a plein d’opportunités qu’il faut saisir, transmettre, apprendre, maitriser et chercher la souveraineté des données, la sécurité, mais il faut regarder la spécificité des enfants sur uniquement certains usages. Il faut faire faire face à ces pratiques et ces outils qui, par le choix volontaire des concepteurs, vont faire que les enfants vont rester plus longtemps et vont se voir enfermés dans des bulles algorithmiques. On parle donc d’emprise et de conséquences sur la santé publique. »
Et d’ajouter que « nous avons un grand moment de rendez-vous : quelle régulation ? A quel point les libertés individuelles de chacun vont être bousculées ? A quel niveau ? Qu’est-ce qu’on accepte ? Il faut être très vigilant », affirmant que « Oui, il faut une vérification d’âge sur quelques sites, mais pas tous. »
El Haïry a indiqué qu’en parallèle, le temps est venu au développement beaucoup plus massif et ambitieux de l’apprentissage de l’IA générative, de la réalité virtuelle augmentée, de la gamification de l’apprentissage et des politiques de prévention, de l’éducation aux médias et donc des programmes scolaires.
« Aujourd’hui, il y a une inversion de la pyramide du savoir. Les jeunes et les adolescents sont en capacité de nous transmettre le savoir si on leur donne l’espace et la place pour participer à la décision », a-t-elle dit.
Elle a également indiqué que la santé mentale de nos enfants est aujourd’hui socialisée et c’est nous qui portons les conséquences de sa dégradation. Mais nous ne pouvons pas nous permettre d’être acteurs témoins du grignotage du potentiel de nos enfants en simplement demandant aux mastodontes des réseaux sociaux et du gaming de réguler. C’est là où il y a une double responsabilité de la puissance publique et du monde économique et des investisseurs, parce que toutes ces boites elles ont des partenaires, des émetteurs et des acteurs qui vont utiliser ces plateformes pour diffuser de l’information. L’engagement nécessaire est cette grande coalition qui doit dire stop. Stop au choix et à la volonté de prédation de cette attention sur les jeunes. Quand tu es un enfant, nous ne devons pas te laisser être proie, voire un produit pour ces plateformes.
Et de poursuivre : « Nous avons expérimenté en particulier sur l’interdiction et la vérification d’âge pour les sites pornographiques. La France expérimente le mini-wallet qui regroupe une quinzaine d’outils permettant de vérifier l’identité ou l’âge, où la plateforme n’a jamais accès à votre identité. C’est ça l’enjeu et le risque : tu acceptes de protéger si on te garantie que tes libertés fondamentales soient également protégées ».
Elle a aussi évoqué la question des usages des smartphones en particulier qui nous questionne nous aussi en tant que parents : « Nous sommes très aspirés par nos smartphones pour travailler ou pour se divertir et communiquer, donc nos enfants nous voient aussi souvent sur ces supports sans spécialement savoir ce que nous sommes en train de faire dessus. D’une certaine manière nous avons le devoir d’expliquer à nos enfants ce que nous faisons dessus ».
La ministre a fait savoir qu’en France, il existe désormais une loi qui oblige que tous les nouveaux smartphones intègrent le contrôle parental et soient paramétrés comme s’ils étaient destinés à des mineurs de base. Il fallait dire que t’es majeur pour finalement passer en accès large.
Et de conclure qu’en France, « quand nous achetons également une ligne téléphonique pour nos enfants, il est préférable de déclarer que c’est destiné à un enfant afin de le protéger d’un certain nombre d’accès jusqu’à sa majorité ».
Écrit par: Meher Kacem
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