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Sarajevo safari : l’Italie ouvre une enquête sur le tourisme des tireurs d’élite durant la guerre de Bosnie

today13/11/2025

Arrière-plan

La justice italienne a ouvert une enquête sur le « Sarajevo safari », des hommes qui auraient payé pour tirer sur des civils à Sarajevo, trente ans après la guerre de Bosnie. Des « safaris humains » organisés depuis l’Italie, au cœur du siège le plus long et le plus meurtrier de l’Europe moderne.

Entre avril 1992 et février 1996, Sarajevo était assiégée. Dans la ville, il y avait le boulevard Mesa Selimovic, l’une des artères principales que l’on surnomme « Sniper Alley », (l’avenue des snipers). Un bilan fait état de 11.000 morts, victimes de ces balles tombées du ciel.

Pendant la guerre de Bosnie, des touristes auraient payé des fortunes pour venir tirer sur des civils, comme on tire sur des boîtes de conserve à la fête foraine.

Ils auraient déboursé l’équivalent de 80.000 ou 100.000 euros, auraient pris un vol entre Trieste – au nord de l’Italie – et Belgrade, avant d’être conduits sur les collines tenues par les milices de Radovan Karadžić, le Serbe qui a depuis été condamné pour génocide.

Le journaliste d’investigation – qui est à l’origine du déclenchement de l’enquête – parle d’un chirurgien esthétique de Milan, propriétaire d’une clinique privée ou encore d’un autre homme venu de Turin.

Il dit : « Ils étaient riches, passionnés d’armes, sans motivation politique ou religieuse, de simples amateurs de tir ou de chasse, des gens qui voulaient vivre l’adrénaline d’un champ de bataille ».

Une enquête a donc été ouverte pour homicide volontaire aggravé par cruauté et motifs abjects en Italie. Une plainte de 17 pages a été déposée. Elle regroupe des témoignages déjà versé à la justice internationale, comme celui d’un pompier américain, volontaire à Sarajevo,

Devant le tribunal international de La Haye, ce soldat du feu a expliqué : « J’ai vu des hommes guidés par des locaux, maladroits avec leurs armes, portant des vêtements de chasse. Ils n’étaient pas soldats, ils semblaient venus pour jouer ».

Dans la plainte, on va encore plus loin dans l’horreur. On lit : « Il y avait même un tarif pour ces meurtres. Les enfants coûtaient plus cher », ensuite les hommes, de préférence en uniforme, puis les femmes. Les personnes âgées, elles, pouvaient être tuées gratuitement.

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Écrit par: Meher Kacem



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