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Subvention des céréales : les 20% les plus riches profitent de 75%, les 20% les plus pauvres n’en reçoivent que 1%

today10/07/2025

Arrière-plan

L’analyste financier Moez Hadidane a révélé que l’État tunisien consacre chaque année environ 20 milliards de dinars au titre des subvention publique, réparties sur plusieurs secteurs essentiels affectant directement la vie des citoyens.

Il a précisé, au micro de Midi Express, ce jeudi 10 juillet 2025, que la plus grande partie de la subvention, soit environ 7 milliards de dinars, est allouée aux carburants, suivie par les produits de base à hauteur de 3,8 milliards, dont 1,3 milliard dédié spécifiquement à la subvention du pain (baguettes). Le transport public bénéficie, quant à lui, d’une enveloppe de 680 millions de dinars.

Le coût annuel de la subvention du pain permet de construire 4 hôpitaux universitaires

Hadidane a également souligné que la subvention des produits de base représente 2,2 % du PIB et 6,4 % du budget global de l’État. Concernant le pain, il a détaillé que 300 millions de dinars sont dépensés chaque année pour subventionner environ 4 milliards de baguettes, soit 320 millimes de subvention par unité. Or, environ un milliard de baguettes sont gaspillées chaque année, a-t-il averti.

Il a établi une comparaison frappante : le coût annuel de la subvention du pain permettrait de construire quatre hôpitaux universitaires modernes (coût estimé à 342 millions de dinars par établissement), ou encore d’acquérir environ 2 200 nouveaux bus.

Hausse progressive de 100 millimes du prix de la baguette

L’analyste a proposé une hausse de 100 millimes du prix de la baguette, soit une augmentation d’environ 50 %. Une telle mesure, selon lui, n’aurait pas un impact significatif sur le pouvoir d’achat, mais permettrait à l’État de dégager des ressources équivalentes au coût annuel d’un hôpital universitaire.

Il a insisté sur la nécessité de repenser les priorités nationales : « Faut-il continuer à subventionner un produit dont une grande partie est gaspillée, ou investir dans la santé et les transports publics ? »

Concernant les craintes de révoltes sociales, Hadidane a estimé que la comparaison avec l’émeute du pain de 1984 n’est pas justifiée. À l’époque, le prix avait doublé du jour au lendemain, tandis que la proposition actuelle reste mesurée et progressive.

Selon lui, la clé réside dans la communication et la pédagogie, afin de convaincre les citoyens que la hausse des prix est un mal nécessaire pour améliorer les services publics et préserver l’équilibre budgétaire de l’État.

Un système de subvention injuste et inefficace

Par ailleurs, et se référant aux données fournies par l’organisation patronale CONECT, Hadidane a dénoncé un déséquilibre flagrant dans la répartition des subventions : les 20 % les plus riches profitent de 75 % de la subvention des céréales, alors que les 20 % les plus pauvres n’en reçoivent qu’1 %.

Face à ce constat, il a plaidé pour une réforme urgente et globale du système des subventions, afin de garantir plus de justice sociale et une meilleure efficacité économique.

Écrit par: Meher Kacem



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