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Tunisie – Banque mondiale : rétrospective de cinq années de collaboration étroite

today26/06/2026

Arrière-plan

Le directeur du bureau de la Banque mondiale en Tunisie, Alexandre Arrobbio est revenu sur le bilan de cinq années à la Banque mondiale, les relations et les perspectives entre la BM et la Tunisie, ainsi que les principales priorités de la Banque mondiale.

Il a indiqué, au micro d’Expreso, ce vendredi 26 juin 2026, qu’il s’agit d’une expérience très forte et très marquante dans une période très intense. AU commencement j’ai été frappé par la qualité du capital humain en Tunisie et c’est un atout pour le pays.

Il a précisé que le cadre du partenariat repose sur une stratégie quinquennale, basée sur les priorités du gouvernement tunisien, notamment l’énergie, l’eau et le capital humain, avec un appui et une réponse aux différentes crises.

« Respect et confiance » sont les éléments clés de la relation entre la Banque mondiale et la Tunisie, avec la possibilité d’échanger selon différents formats et différents canaux, a-t-il dit.

Et d’ajouter : « actuellement nous avons une étude, co-construite avec le gouvernement, en particulier le ministère de l’économie, en cours de finalisation sur la croissance et l’emploi, pour réfléchir à ce qui pourrait contribuer à renforcer davantage la situation économique tunisienne. Les thèmes qui viendront plus en avant sont la connectivité, le transport urbain, la logistique et les ports, ainsi que la digitalisation ».

Transformation énergétique

Arrobbio a affirmé que la transformation énergétique en Tunisie est quelque chose de transformationnelle. Il y a eu un bond en avant. En s’appuyant sur une très bonne stratégie nationale et une vision à moyen-terme d’atteindre 35% d’énergie renouvelable d’ici 2030, d’améliorer l’efficacité énergétique, l’aspect balance des paiements et la sécurité énergétique : « ELMED, par rapport à tout cela, c’est à la fois un projet très important, innovant et qui va permettre de relier le réseau tunisien au réseau européen, et donc de le renforcer et le stabiliser ».

Il a ajouté qu’au-delà de ça, c’est un symbole, puisque c’est quelque chose qui a été faite par l’ensemble de la Tunisie avec un grand nombre de partenaires. Derrière, nous allons avoir, à terme, des perspectives en matière d’emploi (estimation jusqu’à 30 mille emplois créés). La Tunisie peut également avoir l’ambition de devenir un hub régional d’énergie renouvelable. C’est un très beau projet et un très fort symbole : « derrière cela il y a toute une série de choses pour lesquelles la Tunisie s’est engagée, notamment la production de l’énergie solaire, toute une série d’infrastructures pour renforcer la transmission, ainsi que la modernisation et le renforcement de la STEG ».

Il s’agit, selon lui, d’une approche globale et intégrée, qui couvre le public, le privé et les partenaires étrangers.

Connectivité

Arrobbio a affirmé que la position de la Tunisie est stratégique et c’est bon qu’elle soit exploitée, puisqu’elle représente un point de connexion entre l’Europe et l’Afrique.

Concernant la connectivité et l’intelligence artificielle, il a indiqué que la Tunisie a un potentiel de part ses chercheurs, ses étudiants et ses startups, qui ont démontré leur capacité. Pour rallier l’IA sur ce type de domaine, il faut avoir beaucoup d’énergie. Il s’agit donc de deux potentiels qui se complètent : « vous avez du soleil et des gens brillants et c’est une très belle perspective ».

« La Banque mondiale est engagée avec le gouvernement et répond à ses demandes. Nous avons actuellement une activité sur le digital, notamment la fourniture de services digitalisés dans différents domaines, en particulier les services sociaux, l’éducation, ainsi que la santé et les services hospitaliers », a-t-il dit, ajoutant que la question de la digitalisation et de l’intelligence artificielle est une révolution et quelque chose de fondamental qu’il ne faut pas louper.

L’eau

Le directeur du bureau de la Banque mondiale en Tunisie a déclaré que si la digitalisation et l’intelligence artificielle sont plutôt une vision pour le pays, l’eau est une nécessité. Le changement climatique et le stress hydrique font qu’il est désormais indispensable de travailler sur la question de l’eau.

Et de préciser que les autorités tunisiennes ont développé une vision 2050 sur l’eau. Il s’agit donc à la fois de travailler sur les questions de l’offre et la demande de l’eau, les nouveaux investissements (les eaux non-conventionnelles, la réutilisation des eaux usées, la désalinisation, etc…), mais également le renforcement du réseau pour réduire les pertes et l’agriculture intelligente (mécanismes d’arrosage, choix e produits agricoles qui réduisent les besoins en eau).

« Il y a une partie gestion publique et une partie investissements privés. Les nécessités d’investissement pour assurer aux citoyens la disponibilité d’eau impliquent des investissements très importants dans différents domaines. Le public ne peut pas y parvenir seul, d’où l’importance du privé. Nous avons donc, sur demande du gouvernement, mis en place un programme et une approche programmatique sur la sécurité hydrique, sur dix années. Il s’agit d’un programme unique dans la région Afrique du Nord Moyen-Orient, qui va servir d’exemple pour la suite », a-t-il fait savoir, expliquant que contrairement à certaines opérations spécifiques que nous faisons sur tel ou tel projet, il s’agit d’une approche globale.

Capital humain

Arrobbio a également déclaré que la BM travaille sur un cadre quinquennal (l’actuel c’est 2023 – 2027) qui est basé sur les priorités gouvernementales. D’une certaine manière, nous répondons aux demandes des autorités tunisiennes : « sur ces cinq années, on nous a demandé d’investir beaucoup sur la réponse à des crises, notamment la protection et l’assistance sociale avec le programme AMEN. Maintenant, le gouvernement tunisien veut aller vers l’autonomisation économique. »

Santé

Pour ce qui est de la santé, Arrobbio a rappelé que la Banque mondiale a été aux côtés de la Tunisie lors de la pandémie du Covid-19, notamment avec les vaccinations et « s’est développé ensuite un fort engagement avec le ministère de la Santé pour moderniser et renforcer le système hospitalier et mettre en place et diffuser un certain nombre de dispositifs et d’instruments. Il y a donc un fort engagement sur le moyen-terme ».

« La Tunisie dispose également d’atouts sur ce qu’on appelle la santé unique qui combine à la fois la santé humaine, la santé animale et l’environnement. Le ministère de la Santé, le secteur médical, l’université et l’industrie pharmaceutique ont une capacité et une expertise qui peuvent aller au-delà des simples questions nationales », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter que la BM est « très convaincue par les perspectives du secteur de la santé en Tunisie ».

Education

Arrobbio a mis en exergue un projet du ministère de l’Enseignement supérieur qui a eu « beaucoup de succès pour renforcer l’employabilité des étudiants et l’autonomisation des universités ».

Mobilité urbaine

« Le gouvernement nous a demandé d’explorer la possibilité de renforcer les questions du transport urbain en premier lieu sur le Grand-Tunis, notamment en ce qui concerne le service aux citoyens (améliorer le transport public) et la croissance et l’emploi (améliorer le transport aura un impact positif sur l’intégration et la production) », a-t-il conclu.

Écrit par: Meher Kacem



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