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Une étude récente réalisée par le bureau de l’Organisation des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) en Tunisie, au profit du ministère de l’Éducation, a révélé que le taux global d’exposition des élèves scolarisés à la violence physique s’élève à 28,4 %. Cette proportion se répartit entre 12,5 % ayant subi des violences une seule fois et 15,9 % les ayant subies à plusieurs reprises, avec un taux d’exposition plus élevé chez les garçons que chez les filles.
Les résultats de cette étude ont été présentés en marge du lancement des travaux de la conférence nationale pour l’élaboration du plan national de protection de l’institution éducative contre la violence, organisée ce mardi à l’Académie diplomatique à Tunis, en présence du ministre de l’Éducation, Nouredine Ennouri, de plusieurs cadres du ministère, de représentants des ministères concernés et de l’UNICEF, ainsi que d’un groupe d’éducateurs, d’experts et de représentants de la société civile.
La directrice générale du cycle préparatoire et de l’enseignement secondaire au ministère de l’Éducation, Rim Maâroufi, a indiqué que l’étude a débuté en 2023 et que ses travaux ont été achevés en 2025. Elle s’inscrit dans le cadre de l’élaboration d’un plan national cohérent visant à définir les rôles et responsabilités dans la lutte contre la violence scolaire, avec la participation de toutes les parties concernées, directement ou indirectement, sous le slogan « Nous sommes tous responsables ».
Elle a ajouté que la méthodologie de l’étude reposait sur trois enquêtes complémentaires, en plus d’une étude qualitative, couvrant différentes régions et spécialités à l’intérieur et à l’extérieur du milieu éducatif. Elle a précisé que la première enquête a concerné 11 gouvernorats, 18 délégations et 40 établissements scolaires, avec la participation de 3 098 élèves âgés de 12 à 18 ans, dont 57,4 % de garçons et 42,6 % de filles, issus d’établissements publics et de certains établissements privés.
La deuxième enquête a porté sur 487 adolescents déscolarisés, répartis sur l’ensemble du territoire national, afin d’identifier le lien entre l’abandon scolaire et le phénomène de la violence. La troisième enquête a ciblé 751 acteurs du secteur éducatif — enseignants, directeurs, surveillants généraux et autres — afin d’évaluer le degré de préparation des établissements scolaires à faire face aux situations de violence.
Maâroufi a expliqué que l’étude qualitative comprenait des groupes de discussion organisés dans au moins un gouvernorat par région, ainsi que 12 récits oraux reposant sur des textes et des images, en plus d’entretiens menés avec plusieurs acteurs éducatifs, notamment des agents de sécurité, des délégués régionaux et des délégués à la protection de l’enfance, dans le but de fournir une vision globale des différents contextes de survenue de la violence.
Les résultats de l’étude ont mis en évidence des disparités régionales dans la fréquence de la violence scolaire. Il est apparu que plus d’un élève sur trois a été victime de violences dans les gouvernorats de l’Ariana, de Kasserine, du Kef et de Gabès, contre des taux plus faibles dans les gouvernorats de Tozeur, de Gafsa et de Tunis, où moins d’un élève sur quatre a été exposé à la violence physique.
L’étude a également révélé qu’environ 40 % des cas de violence physique infligée aux élèves proviennent des élèves scolarisés eux-mêmes, filles et garçons confondus, ce qui indique qu’une part importante de la violence se produit à l’intérieur de l’espace scolaire.
Elle a précisé que 57 % des cas de violence surviennent à l’intérieur des établissements scolaires, 25,8 % dans leurs cours et 19,7 % dans les salles de classe, avec une hausse notable durant les heures de pause, atteignant 16,8 %. Il a également été relevé que 19,6 % des cas de violence ont lieu sur le trajet vers l’école, tandis que 61,4 % des élèves interrogés ont déclaré avoir été victimes de moqueries ou d’humiliations.
Les résultats ont en outre montré que les filles sont davantage exposées aux violences émanant de l’intérieur de l’établissement scolaire, à hauteur de 76,8 %, contre 58,5 % chez les garçons.
Maâroufi a souligné que l’exposition à la violence entraîne des répercussions psychologiques et sociales manifestes : les élèves victimes de violence sont plus susceptibles de souffrir de dépression, en particulier les filles, ainsi que de dépendance à l’alcool ou aux drogues, ce qui met en évidence l’urgence d’interventions préventives et anticipatives. L’étude a également mis en lumière une forte insuffisance dans le signalement des cas de violence, la majorité des situations reposant sur les alertes des parents, ce qui limite l’efficacité des mécanismes de contrôle et d’intervention précoce.
Elle a conclu en affirmant que la violence scolaire n’est pas un phénomène isolé, mais un facteur complexe qui affecte négativement la santé mentale des enfants, entrave la réussite scolaire et contribue à l’augmentation de l’abandon précoce de l’éducation, appelant à la mobilisation conjointe du ministère de l’Éducation, des autres ministères, des structures publiques et de la société civile afin de mettre en place une stratégie durable et applicable, garantissant la protection des élèves et un environnement scolaire sûr.
Écrit par: Meher Kacem
UNICEF violence en milieu scolaire