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Express Radio Le programme encours
today26/06/2026
Le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, a expliqué que le projet de la ZLECAf repose sur la création d’un marché africain unifié regroupant 55 pays et près de 1,5 milliard d’habitants, afin de favoriser la libre circulation des échanges commerciaux entre les États africains.
Il a souligné, au micro d’Expresso, ce vendredi 26 juin 2026, que de nombreuses économies africaines disposent de marchés intérieurs de taille limitée, ce qui freine leur potentiel de croissance. Selon lui, la Zone de libre-échange continentale vise précisément à permettre aux entreprises d’accéder aux marchés des autres pays africains, afin de stimuler les exportations, les investissements et la création de nouvelles opportunités de croissance économique.
Le responsable de la ZLECAf a estimé que la Tunisie dispose d’un important potentiel pour accroître ses échanges commerciaux avec plusieurs pays africains, grâce à un cadre fondé sur la facilitation des échanges et la suppression des obstacles à la circulation des marchandises sur le continent.
S’il a salué le succès du partenariat économique entre la Tunisie et l’Union européenne en matière de commerce et d’investissement, Wamkele Mene a toutefois estimé que l’avenir économique du pays passe également par un renforcement de sa présence sur les marchés africains.
Il a indiqué que la Tunisie ambitionne de doubler ses exportations vers l’Afrique d’ici 2035 pour atteindre 2 milliards de dollars, un objectif porté notamment par le secteur privé. Selon lui, aucun pays ne peut miser sur un seul marché et la diversification des débouchés constitue un impératif économique.
Le secrétaire général de la ZLECAf a rappelé que l’objectif est d’aboutir, à l’horizon 2030, à une suppression totale (0 %) des droits de douane sur l’ensemble des produits, qu’ils soient industriels, agricoles ou automobiles, dans le cadre de la mise en œuvre intégrale de l’accord de libre-échange continental.
Il a toutefois insisté sur le fait que la priorité actuelle demeure l’application effective des accords déjà conclus. Certaines procédures douanières ne sont, selon lui, pas encore mises en œuvre de manière satisfaisante, d’où la nécessité d’harmoniser et de simplifier les systèmes douaniers entre les États membres.
Wamkele Mene a également identifié le transport et la logistique comme l’un des principaux freins au développement du commerce intra-africain.
Il a indiqué que la ZLECAf travaille avec les banques régionales et les institutions de financement afin de développer les corridors commerciaux et les infrastructures nécessaires pour faciliter la circulation des marchandises à travers le continent.
Le responsable africain a également estimé que l’ouverture des marchés doit s’accompagner de mécanismes de protection contre les pratiques commerciales déloyales, à l’image de ce qui existe au sein de l’Union européenne, afin de préserver les industries nationales et les consommateurs tout en garantissant les bénéfices du libre-échange.
Il a, par ailleurs, souligné l’importance du protocole relatif au commerce transfrontalier, estimant qu’il permettra de transformer le commerce informel en un commerce officiel, sécurisé et profitable à l’ensemble des acteurs.
Wamkele Mene a évoqué sa rencontre avec la cheffe du gouvernement tunisien, au cours de laquelle plusieurs dossiers stratégiques ont été abordés, notamment le développement des corridors commerciaux, l’amélioration des infrastructures de transport et de logistique, ainsi que le renforcement des liaisons entre la Tunisie et plusieurs pays africains, notamment la Libye, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger.
Selon lui, ces projets permettront aux pays africains enclavés d’accéder aux ports tunisiens pour leurs opérations d’importation et d’exportation, tout en consolidant la position de la Tunisie comme plateforme logistique et stratégique au cœur du continent africain.
Écrit par: Meher Kacem