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Express Radio Le programme encours
today15/08/2023
Le consultant international en énergie Ezzedine Khalafallah, a déclaré, mardi 15 août 2023, que le récent rapport de l’Observatoire national de l’énergie et des mines sur la situation énergétique en Tunisie, donne un aperçu complet du secteur, et comprend les activités d’exploration, de production et de distribution.
Lors de sa participation au programme Expresso, Khalafallah a souligné que le bilan énergétique se dégrade d’une année à une autre, car les ressources disponibles ne couvrent pas la demande, et le déficit du bilan énergétique est devenu structurel depuis les années 2000.
Diminution de l’indépendance énergétique à 50 %
Le consultant en énergie, a expliqué l’aggravation du déficit énergétique non seulement par la baisse des ressources énergétiques en Tunisie, notamment pétrolières et gazières, due à la détérioration de la production des grands gisements tels qu’El Borma, Miskar, et autres… mais aussi par la croissance de la demande, malgré les efforts de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie pour réduire la demande.
Il a,également, indiqué que le pourcentage d’indépendance énergétique a diminué pour atteindre 50 % en 2023, alors qu’elle était aux alentours de 100 % en 2010, affirmant que plus les ressources et la production sont élevées, plus le pourcentage d’indépendance énergétique est élevé.
Khalafallah a ajouté que 97% de l’électricité produite et distribuée en Tunisie provient du gaz naturel, soit par la production locale de gaz, soit par les redevances sur le gazoduc algéro-italien, soit par les achats tunisiens de gaz algérien.
En effet, la Tunisie a profité de la dépendance de l’Italie au gaz algérien après la coupure de l’approvisionnement en gaz russe, car ceci a permis d’augmenter le volume de la redevance sur le gazoduc italo-algérien.
Khalafallah a indiqué que l’indépendance de la Tunisie en matière de gaz naturel est limitée, d’autant plus qu’elle repose sur une ressource unique, qui est l’Algérie, faute d’infrastructures nécessaires pour s’approvisionner en gaz depuis d’autres pays. .
En fait, 75 % du la quantité du gaz parvenu en Tunisie est destiné à la production d’électricité, tandis que 25% est destiné au secteur industriel et à la consommation des familles, des hôtels et autres, selon ses dires.
Par ailleurs, la STEG a diminué les quantité importées de gaz naturel faute des moyens, et a décidé d’acheté de l’électricité de l’Algérie afin de rétablir le manque.
» Cette année la Tunisie a acheté environ 12 % de ses besoins en électricité de l’Algérie en devises », a-t-il ajouté.
Seulement 3 % provient des énergies renouvelables
Khalafallah a indiqué que seulement 3 % de la production d’électricité en Tunisie provient, actuellement, des énergies renouvelables, sachant que l’objectif est de produire 35 % d’électricité à partir d’énergies renouvelables d’ici l’année 2030, ce qui équivaut à environ 4 800 tonnes d’électricité MW.
L’expert a affirmé que la capacité actuelle de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables est équivaut à 500 mégawatts. Des études relatives à la production de 500 nouveaux mégawatts prendront bientôt fin.
« Mais il y a 1 700 nouveaux mégawatts, dont les appels d’offres ont été lancés en décembre 2022, à savoir 800 mégawatts d’énergie photovoltaïque seront mis en œuvre par le secteur privé, et la réalisation devrait être accélérée », a-t-il indiqué.
Il a, aussi, souligné qu’il est nécessaire d’accélérer la mise en production de ces sites et d’assurer la concentration de nouvelles centrales pour une production supplémentaire de 500 mégawatts chaque année, afin de pouvoir atteindre l’objectif fixé de produire 35% d’électricité à partir de énergies renouvelables d’ici 2030.
D’après Khalfallah, la production de 500 mégawatts supplémentaires chaque année est un objectif réalisable, pas impossible. Cependant, il est nécessaire d’accélérer les travaux pour atteindre cet objectif ambitieux, et ainsi réduire la dépendance au gaz pour la production d’électricité de 97% actuellement à 65 % en l’an 2030, ce qui permettra une réduction du volume des importations de gaz algérien.
Défis à relever
L’expert a déclaré que les défis auxquels est confrontée la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables sont essentiellement représentés dans la capacité de stockage pour assurer un approvisionnement régulier, ajoutant que ceci entraîne une augmentation des coûts.
Il a, également, souligné la nécessité de continuer à travailler sur la modernisation du réseau électrique et gazier, pour renforcer sa capacité à absorber les énergies renouvelables du soleil et du vent.
Ezzedine Khalafallah n’a pas omis de parler des nombreux avantages du projet d’interconnexion électrique avec l’Italie « ELMED », qui permet de reporter des investissements coûteux dans le domaine de la production, puisqu’il permettra à la Tunisie d’acheter de l’électricité à l’Europe pendant l’été à des prix concurrentiels, en fonction du surplus de production d’électricité en Europe.
Écrit par: Yosra Gaaloul