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Express Radio Le programme encours
today21/07/2026
L’ancienne ministre du Tourisme et membre de l’Association tunisienne des anciens élèves des grandes écoles, Amel Karboul, a affirmé ce mardi 21 juillet 2026 que la révolution de l’intelligence artificielle (IA) impose une remise en question profonde des systèmes d’éducation, de formation et des méthodes de travail. Selon elle, la rapidité avec laquelle cette technologie s’est diffusée dépasse désormais la capacité des institutions éducatives à s’adapter aux transformations qu’elle engendre.
Intervenant dans l’émission Expresso, en marge de la couverture du Tunisia Global Forum 2026, elle a souligné que les élèves comme les enseignants utilisent désormais quotidiennement les outils d’intelligence artificielle, alors que les programmes scolaires, les mécanismes de gouvernance et les méthodes d’évaluation reposent encore sur des approches traditionnelles qui ne répondent plus aux exigences de cette nouvelle réalité.
Elle a insisté sur le fait que le véritable défi ne réside pas dans l’utilisation de l’IA, mais dans la manière de l’exploiter. Elle a averti qu’un recours systématique à ces outils pour réaliser les devoirs ou répondre aux questions pourrait entraîner un affaiblissement des capacités de réflexion critique, d’analyse et de créativité des générations futures.
Pour y remédier, Karboul a appelé à une réforme des systèmes d’évaluation au sein des établissements d’enseignement, en privilégiant des examens capables de mesurer les compétences cognitives et l’esprit critique. Elle a plaidé pour des méthodes pédagogiques encourageant les étudiants à analyser les réponses produites par l’intelligence artificielle, à en identifier les erreurs et les biais, plutôt qu’à se contenter de réponses toutes faites.
L’ancienne ministre a également rappelé que les technologies d’IA ne sont pas infaillibles et peuvent produire des informations inexactes ou biaisées. Elle a ainsi insisté sur la nécessité de développer l’esprit critique des apprenants et de leur enseigner à vérifier les informations, sans considérer les réponses générées par l’IA comme des vérités absolues
Abordant les impacts sociétaux de cette révolution technologique, Karboul a mis en garde contre les conséquences psychologiques et sociales d’un usage excessif des technologies numériques. Elle a évoqué l’augmentation des niveaux d’anxiété et d’isolement social observée dans plusieurs pays, rappelant que l’intelligence artificielle ne saurait remplacer les relations humaines ni les compétences sociales acquises grâce aux interactions directes.
Elle a souligné que les enfants ont besoin d’un environnement éducatif favorisant le développement de leurs capacités cognitives et relationnelles. Selon elle, l’école doit désormais accorder davantage de place au développement de la pensée, au dialogue et à la culture du débat, plutôt que de se limiter à la transmission des connaissances.
Karboul a également estimé que le véritable défi ne réside pas uniquement dans le déficit de compétences, mais aussi dans le manque d’opportunités. Elle a affirmé que l’intelligence artificielle peut générer de nouvelles perspectives économiques si elle est exploitée efficacement. Elle a ainsi encouragé les entreprises à utiliser cette technologie pour améliorer leur productivité et créer de nouveaux métiers.
Elle a également appelé les pays en développement, dont la Tunisie, à investir dans la formation de talents capables non seulement d’utiliser les outils d’intelligence artificielle, mais aussi de concevoir et développer leurs propres solutions, afin de renforcer leur compétitivité dans l’économie numérique mondiale.
Et de souligner que l’intelligence artificielle ne constitue pas une menace en soi, mais une opportunité de repenser les systèmes d’éducation et d’organisation du travail. Elle a toutefois insisté sur la nécessité pour les gouvernements d’accompagner cette transformation par une modernisation des législations, une révision des programmes d’enseignement et la mise en place de cadres juridiques et éthiques garantissant un usage responsable et sécurisé de ces technologies.
Écrit par: Meher Kacem
intelligence artificielle Tunisia Global Forum 2026