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BAD / Tunisie : 30,7% des financements intérieurs ont été dirigés vers l’État

today11/07/2025

Arrière-plan

L’analyste financier Bassem Ennaifer a révélé ce vendredi 11 juillet 2025 que la Banque africaine de développement (BAD) a publié, entre juin et juillet, un rapport détaillé sur la situation économique des pays africains, dont la Tunisie, avec un focus particulier sur l’année 2024.

Selon ce rapport, 30,7 % des financements intérieurs ont été dirigés vers l’État tunisien, contre 69,3 % vers le secteur productif, un changement notable comparé à la décennie précédente où seulement 10 % des financements étaient attribués à l’État.

Cette hausse, explique Ennaifer, traduit le besoin croissant de l’État en ressources internes, multipliant par trois sa part dans les financements par rapport aux années antérieures.

Prévisions économiques pour 2025–2026

Le rapport de la BAD prévoit une croissance économique de 1,9 % pour 2025, et de 2,3 % en 2026. Quant à l’inflation, elle devrait atteindre 6,4 % en 2025, puis reculer légèrement à 6,1 % en 2026.

Le déficit budgétaire, y compris les dons, est estimé à -5,3 % du PIB en 2025, avec une amélioration à -4,9 % en 2026.

Concernant le déficit courant, il s’élèverait à -2,2 % en 2025, pour s’aggraver à -3,3 % en 2026.

Contexte international et contraintes internes

Bassem Ennaifer a souligné que la croissance projetée reste modeste, en raison de plusieurs facteurs :

  • Les tensions commerciales mondiales, notamment les droits de douane imposés par Donald Trump.
  • L’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, qui affecte la demande extérieure pour les produits tunisiens.
  • Le renchérissement des importations.

Ces éléments, combinés, affaiblissent la compétitivité des entreprises tunisiennes et compliquent la mobilisation de financements extérieurs.

Recommandations de la BAD

À court terme :

  • Exécuter les projets d’investissement inscrits au budget (infrastructures et numérisation).
  • Améliorer l’interconnexion entre les systèmes de l’État pour renforcer les performances fiscales.
  • Mettre à jour le code des changes.
  • Activer les partenariats public-privé.
  • Maintenir une politique monétaire prudente tout en facilitant le financement du secteur productif.

À moyen terme :

  • Élargir l’assiette fiscale.
  • Intégrer l’économie informelle.
  • Revoir les avantages fiscaux pour les rendre plus efficaces.
  • Restructurer les entreprises publiques.
  • Attirer davantage d’investissements directs étrangers, surtout dans les technologies.

À long terme :

  • Soutenir les PME et leur intégration dans les chaînes de valeur.
  • Créer des pôles de compétitivité pour faciliter le financement, les garanties et l’accès aux normes internationales.
  • Renforcer l’accès aux marchés mondiaux.

Les clés de la relance

Ennaifer a conclu en soulignant que la mise en œuvre de ces recommandations nécessite une mobilisation importante des ressources, notamment en valorisant les ressources naturelles (phosphate, pétrole, gaz), la modernisation de l’administration et la simplification des procédures, souvent perçues comme des freins à l’investissement, ainsi que la préservation du capital humain, à travers des réformes éducatives qui tiennent compte des nouvelles exigences économiques et technologiques.

Écrit par: Meher Kacem



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