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Express Radio Le programme encours
today24/03/2026
L’analyste financier Bassem Ennaifer a souligné que les marchés mondiaux reposent aujourd’hui essentiellement sur l’information. Il a expliqué qu’une part importante des transactions financières est désormais effectuée via des systèmes numériques capables d’analyser les données et de prendre automatiquement des décisions d’achat ou de vente sur la base d’algorithmes préprogrammés. Ce fonctionnement explique, selon lui, les mouvements rapides et parfois brusques observés sur les marchés, marqués par des vagues massives d’achats ou de ventes entraînant de fortes variations des prix.
Il a indiqué, au micro d’Expresso, ce mardi 24 mars 2026, que les déclarations politiques sont devenues un facteur déterminant de l’évolution des marchés. Toute annonce positive peut ainsi provoquer une hausse des prix, tandis que les démentis ou les discours négatifs entraînent des replis, comme cela a été clairement observé à travers les réactions aux déclarations américaines et iraniennes.
Par ailleurs, Ennaifer a insisté sur le rôle central du prix du pétrole en tant qu’indicateur clé de la santé de l’économie mondiale. Toute variation du prix du baril a, selon lui, un impact direct, notamment pour les pays importateurs et exportateurs. Il a évoqué la volatilité récente des marchés, marquée par une baisse des prix suivie d’une remontée au-delà des 100 dollars le baril, suite aux déclarations du président américain Donald Trump et de responsables iraniens.
L’expert a également estimé que les retombées économiques du conflit en cours dépendent principalement de sa durée : plus il s’inscrit dans le temps, plus ses effets seront importants, notamment sur les prix des matières premières, en particulier le pétrole. Cela se traduira inévitablement par une hausse des coûts de production, des prix à la consommation et, par conséquent, une augmentation de l’inflation.
Concernant la Tunisie, Ennaifer a expliqué que, en tant qu’économie ouverte et importatrice d’énergie, le pays sera directement impacté par la hausse des prix du pétrole, à travers l’alourdissement de la facture énergétique et la pression inflationniste. Toutefois, il a souligné que cette situation pourrait également constituer une opportunité stratégique pour accélérer les investissements dans les énergies renouvelables, réduire la dépendance énergétique et, à terme, positionner la Tunisie comme un acteur régional de l’énergie propre.
Il a rappelé que, à court terme, les marchés restent extrêmement sensibles à toute information liée à l’évolution du conflit : le moindre signal d’apaisement entraîne un recul des prix, tandis que toute escalade ravive les tensions et pousse les marchés à la hausse.
Par ailleurs, Ennaifer a mis en avant l’importance de l’accord de partenariat entre la Tunisie et l’Union européenne. Il a souligné que cet accord a largement contribué à dynamiser les exportations tunisiennes vers le marché européen, lesquelles représentent aujourd’hui près de 70 % du total des exportations du pays.
Il a également expliqué que cet accord a permis de positionner la Tunisie comme un partenaire fiable aux yeux des pays de l’Union européenne, facilitant ainsi l’implantation de nombreuses entreprises européennes sur le territoire tunisien. Cette dynamique a favorisé l’investissement étranger et l’intégration de la Tunisie dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Et d’estimer qu’après plus de trente ans d’application, il est devenu légitime de procéder à une évaluation et à une révision de cet accord. Selon lui, cette démarche vise à instaurer un meilleur équilibre et à garantir des bénéfices mutuels, notamment dans un contexte marqué par des mutations économiques et technologiques rapides à l’échelle mondiale.
Il a précisé que toute révision de cet accord devrait s’orienter vers l’amélioration des opportunités d’exportation, le renforcement de l’emploi et l’attraction des investissements, afin de servir au mieux les intérêts de l’économie tunisienne tout en assurant la pérennité du partenariat avec l’Union européenne.
Écrit par: Meher Kacem
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