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Express Radio Le programme encours
today07/07/2025
L’universitaire et économiste Habib Zitouna a expliqué que l’inflation des prix à la consommation est mesurée mensuellement par l’Institut national de la statistique (INS), et qu’une enquête sur le consommateur tunisien est réalisée tous les cinq ans, en suivant la consommation de plusieurs familles pendant une année entière, tout en surveillant l’évolution des prix des biens et services. Ainsi, l’inflation correspond à la croissance moyenne des prix pondérée par la consommation moyenne.
Et d’ajouter que le taux d’inflation est calculé en glissement annuel, et s’élève actuellement à 5,4 % par rapport à l’année précédente, précisant que les prix n’ont pas baissé, mais que c’est le rythme de leur augmentation qui a ralenti. La Tunisie avait atteint en février 2023 un taux record de plus de 10 % d’inflation, un niveau inédit depuis 40 ans.
Zitouna a souligné, au micro d’Expresso, ce lundi 7 juillet 2025, que le taux d’inflation devrait être plus bas, indiquant que 5 % reste un taux élevé pour plusieurs raisons. Il a expliqué que l’inflation est liée à l’augmentation de la masse monétaire, c’est-à-dire à la quantité d’argent en circulation et dans les banques. L’inflation survient lorsque la masse monétaire dépasse la production. Or, celle-ci a augmenté de 15 %, ce qui constitue un risque majeur.
Il a précisé que le taux d’inflation a augmenté de 0,4 % en juin par rapport au mois de mai, et que le taux de 5,4 % est celui comparé à juin 2024. Ce chiffre est une moyenne, car certains prix ont augmenté davantage, notamment les produits alimentaires, avec une hausse d’environ 6 %, en particulier les légumes et les fruits frais, dont les prix ont augmenté de plus de 20 %. Cela s’explique par une demande plus forte que l’offre, en plus des problèmes dans les circuits de distribution, et également par la hausse des prix dans les cafés et hôtels.
Il a insisté sur la nécessité de réduire le taux d’inflation, tout en précisant qu’une baisse des prix peut être plus dangereuse qu’une hausse, mais que l’augmentation doit rester modérée.
Zitouna a évoqué la possibilité d’une inflation importée, mais a estimé que le dinar est resté relativement stable ces dernières années, et que le vrai problème en Tunisie est le déficit budgétaire.
Il a indiqué que les banques ont emprunté 14,6 milliards de dinars auprès de la Banque centrale, soulignant le lien entre ce fait et les taux d’inflation, et rappelant que la réduction de l’inflation nécessite une stabilité budgétaire et une diminution du déficit.
Par ailleurs, il a abordé la qualité des services publics, notant que de plus en plus de citoyens se tournent vers le secteur privé, notamment pour le transport et la santé, ce qui expliquerait les plaintes concernant la baisse du pouvoir d’achat.
Enfin, il a évoqué la situation de la compagnie Tunisair, soulignant la nécessité de distinguer les aspects économiques des considérations sociales et politiques, et ce pour l’ensemble des entreprises publiques, pas uniquement Tunisair.
Écrit par: Meher Kacem
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