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Kamel Naoui appelle à fixer des prix de référence pour les produits tunisiens afin de renforcer leur compétitivité sur les marchés mondiaux

today08/05/2026

Arrière-plan

Kamel Naoui, professeur de finance et directeur du laboratoire des risques financiers à l’École supérieure de commerce de Tunis, a dévoilé les détails d’un événement économique et scientifique majeur intitulé « Les potentialités financières de la Tunisie : produits innovants et marché des matières premières », prévu le lundi 11 mai au siège de Bourse de Tunis.

Il a expliqué, au micro d’Expresso, ce vendredi 8 mai 2026, que cette initiative s’inscrit dans une vision visant à renforcer l’ouverture de l’université sur son environnement économique, à travers l’étude de problématiques concrètes liées à l’économie nationale et aux marchés financiers. Parmi les principaux thèmes abordés figurent la question de la fixation des prix des matières premières ainsi que les mécanismes de protection des producteurs et des exportateurs contre les fluctuations des marchés internationaux.

Selon Kamel Naoui, les discussions s’articuleront autour de deux axes majeurs : la possibilité de créer un marché tunisien des matières premières et des produits de base, ainsi que le développement d’un marché des contrats à terme et des produits dérivés en tant qu’outils financiers modernes de couverture et de gestion des risques.

Il a précisé que le choix de l’huile d’olive comme modèle de réflexion s’explique par l’importance stratégique de ce secteur pour l’économie tunisienne. Bien que la Tunisie figure parmi les principaux producteurs et exportateurs mondiaux d’huile d’olive, les prix de référence restent fixés à l’étranger, ce qui expose les producteurs et exportateurs tunisiens aux fluctuations des marchés internationaux.

Le professeur a ainsi insisté sur la nécessité de réfléchir à la création d’un marché tunisien organisé des matières premières, capable de définir des prix de référence nationaux selon les mécanismes de l’offre et de la demande. Une telle initiative permettrait à la Tunisie de mieux contrôler la valeur de ses produits agricoles et de renforcer sa souveraineté économique.

Dans ce contexte, Kamel Naoui a révélé l’ambition de lancer un projet baptisé « Carthage Commodities », affirmant que la Tunisie dispose des compétences et du potentiel nécessaires pour développer une plateforme régionale spécialisée dans le commerce des matières premières.

Il a également évoqué l’importance des contrats à terme et des produits dérivés, largement utilisés à l’échelle mondiale pour protéger les agriculteurs et les exportateurs contre la volatilité des prix. Selon lui, l’introduction de ces mécanismes en Tunisie nécessite toutefois un cadre juridique et réglementaire clair afin de garantir leur utilisation à des fins de couverture et de gestion des risques, loin de toute logique spéculative.

Le professeur a ajouté que cette manifestation ne se limite pas au cadre académique. Elle vise également à réunir les différents acteurs concernés afin de débattre des solutions juridiques et pratiques permettant la mise en place d’un marché tunisien des matières premières, qui pourrait à terme inclure d’autres produits comme les dattes et plusieurs matières premières à forte valeur économique.

Il a par ailleurs indiqué que le ministre de l’Agriculture ouvrira officiellement l’événement, en présence de représentants de Banque centrale de Tunisie, de Conseil du marché financier, ainsi que de plusieurs banques et acteurs économiques. La participation reste ouverte aux professionnels, chercheurs, producteurs et à toute personne intéressée par le secteur.

Et de souligner que le véritable enjeu consiste désormais à passer de la phase de réflexion à celle de la construction effective d’un système financier et commercial moderne, capable de valoriser les ressources agricoles tunisiennes, de créer des prix de référence nationaux et de renforcer la compétitivité des exportations tunisiennes sur les marchés mondiaux.

Écrit par: Meher Kacem



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