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today29/10/2025
Dans son rapport publié le 28 octobre 2025, Fitch Ratings a affirmé que les banques tunisiennes continuent de faire face à des défis persistants liés à une inflation élevée, une croissance économique lente et des taux d’intérêt accrus.
La croissance du crédit, limitée à 0,6 % sur les cinq premiers mois de 2025, reflète à la fois une demande atone et les importants besoins de financement de l’État, qui évincent les autres formes de crédit.
L’agence Fitch a relevé la note de la Tunisie à « B- » avec perspective stable en septembre 2025, mais elle ne s’attend pas à ce que cette amélioration ait un effet significatif sur les conditions d’exploitation des banques, même si la note de l’environnement opérationnel a également été revue à la hausse. Le taux de créances douteuses (NPL) du secteur est monté à 14,7 % fin premier trimestre 2025, soit son plus haut niveau depuis quatre ans (contre 13,1 % fin 2021). Cependant, une part importante de ces créances provient d’anciens actifs, et une réduction notable du taux de NPL reste possible à plus long terme.
La rentabilité demeure modeste une fois corrigée de l’inflation, avec un rendement moyen des capitaux propres (ROE) de 10,6 % sur la période 2022–1T25. Le résultat net des dix plus grandes banques a augmenté de 13 % en glissement annuel au premier semestre 2025, mais cette hausse a été freinée par une hausse de 21 % des provisions pour pertes sur prêts et une augmentation de 8 % des charges d’exploitation.
Les conditions de liquidité restent satisfaisantes, et cette situation devrait se maintenir en 2026. Les dépôts clients, principale source de financement des banques, ont progressé de 3 % sur les cinq premiers mois de 2025 (contre 10 % en 2024), tandis que les crédits n’ont augmenté que de 0,6 %. Le refinancement auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) représentait 5 % du passif du secteur fin mai 2025.
Ces conditions de liquidité favorables laissent prévoir une hausse de l’exposition des banques à la dette souveraine en 2026, soutenue par une faible demande de crédit du secteur privé et par les rendements ajustés au risque attractifs des titres d’État, qui bénéficient d’un taux de risque nul (0 %) dans le calcul de la solvabilité.
Écrit par: Meher Kacem
banques tunisiennes Fitch Ratings