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Moez Soussi : le règlement de certaines échéances pourrait inciter les agences de notation à relever la note souveraine de la Tunisie

today02/02/2026

Arrière-plan

L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note de la dette souveraine de la Tunisie à long terme (LT) au niveau « B » avec perspective négative, tout en attribuant une note de recouvrement des créances RR4. Elle a également décidé de retirer la Tunisie de la liste des pays placés sous surveillance spéciale (UCO).

Dans une note publiée récemment, Fitch a précisé que les notations de la dette ancienne non garantie, prioritaire au remboursement et à long terme, sont alignées sur la notation de l’émission des obligations tunisiennes en devises étrangères (IDR), laquelle mesure le risque de défaut de paiement de l’émetteur.

Dans ce contexte, l’économiste Moez Soussi a affirmé que la principale nouveauté de cette décision réside dans le retrait de la Tunisie de la catégorie des pays les plus vulnérables.

Il a expliqué, au micro d’Expresso, ce lundi 2 janvier 2026, que le maintien de la note « B » avec perspective négative demeure conditionné à la capacité de la Tunisie à honorer ses engagements financiers, notamment le remboursement des obligations arrivant à échéance en juillet 2026, ainsi qu’un prêt contracté en 1997 sur une durée de 30 ans, assorti d’un taux d’intérêt élevé de 8,25 %, dont l’échéance est prévue pour 2027, qualifié de « point noir » pesant depuis longtemps sur les finances publiques.

Il a estimé que le règlement de ces échéances pourrait inciter les agences de notation à relever la note souveraine de la Tunisie.

L’intervenant a également souligné l’adoption par Fitch d’une approche graduelle dans l’évaluation de la dette souveraine, en attribuant aux instruments de dette tunisiens la note RR4, ce qui signifie que, dans un scénario de graves difficultés de paiement, les créanciers ne perdraient pas l’intégralité de leurs fonds, mais n’en récupéreraient qu’une partie, à travers des mécanismes tels que la restructuration de la dette ou l’aménagement des échéances.

Soussi a conclu en rappelant que la relation avec les agences de notation repose sur une analyse scientifique fondée sur des données précises, et non sur des considérations politiques, soulignant que Fitch est réputée pour la rigueur de ses évaluations.

À noter que Fitch avait relevé, le 12 septembre 2025, les notations IDR, LT et FC de la Tunisie à « B » avec perspective stable.

L’agence a enfin indiqué que la notation de la Tunisie pourrait s’améliorer à condition d’une réduction durable du déficit budgétaire et du ratio dette publique/PIB, ainsi que d’une hausse continue des réserves en devises, notamment grâce à une amélioration de l’accès à des financements extérieurs pérennes.

Écrit par: Meher Kacem



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