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Express Radio Le programme encours
today06/01/2026
L’universitaire et expert économique Moez Soussi a affirmé que l’inflation est mesurée sur la base de l’indice général de la consommation des ménages, un indicateur économique qui reflète les grandes tendances de l’économie nationale, sans pour autant constituer nécessairement un miroir fidèle du ressenti quotidien du citoyen face à la hausse des prix.
Il a précisé, au micro d’Expresso, ce mardi 6 janvier 2026, qu’un ralentissement progressif du rythme de la hausse des prix a été enregistré au cours des dernières années. L’inflation avait atteint un pic en 2023, avec un taux avoisinant 9,3 %, avant d’entamer une baisse graduelle pour se stabiliser autour de 5,3 % en 2025, un niveau inédit depuis 2017.
Soussi a estimé que cette évolution constitue un signal positif au niveau des grands équilibres macroéconomiques, ce qui a incité la Banque centrale de Tunisie à décider une réduction du taux directeur de 50 points de base, dans le cadre d’une politique monétaire visant à soutenir la croissance sans compromettre la stabilité financière.
En revanche, l’expert a souligné que la baisse du taux d’inflation ne signifie pas une baisse des prix, mais indique simplement que les prix continuent d’augmenter à un rythme plus lent. Cela explique l’écart entre les chiffres officiels et le ressenti quotidien du citoyen, qui continue de subir une pression persistante sur le coût de la vie, lequel n’a pas connu d’amélioration réelle en raison de l’absence d’une progression tangible des revenus. Même avec un taux de croissance réel compris entre 2,4 % et 2,5 % à la fin de l’année 2025, cette croissance demeure d’un impact limité lorsqu’on tient compte de l’inflation et ne se répercute pas directement sur le niveau de vie des ménages.
L’invité d’Expresso a également indiqué que le sentiment de cherté de la vie est principalement lié à la composition du panier de consommation, fortement dominé par les produits alimentaires, qui ont connu des hausses notables, notamment les viandes rouges, les légumes, les fruits et le poisson. En revanche, une baisse relative a été enregistrée pour certains produits, tels que les huiles, ainsi qu’une relative stabilité des prix réglementés fixés par l’État.
Il a conclu en affirmant que la Tunisie évolue vers une maîtrise progressive de l’inflation, mais reste encore loin d’une amélioration tangible du pouvoir d’achat des citoyens. Il a souligné que le véritable défi de la prochaine phase réside dans la recherche d’un équilibre entre stabilité économique et amélioration du niveau de vie, un pari qui ne peut être gagné sans des réformes globales prenant simultanément en compte les prix et les revenus.
Écrit par: Meher Kacem