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Moez Soussi : la situation des établissements publics ne peut se réduire à une mauvaise gestion ou à des dépassements

today13/01/2026

Arrière-plan

L’économiste Moez Soussi a affirmé que les données contenues dans le communiqué de la Présidence de la République concernant le rapport de la Cour des comptes sur la situation des établissements et entreprises publics ne sont pas surprenantes, malgré leur gravité.

Il a précisé, au micro d’Expresso, ce mardi 13 janvier 2026, que les chiffres avancés sont alarmants, mais reflètent une situation cumulative que connaissent les entreprises et établissements publics depuis plusieurs années, soulignant que le problème ne se limite pas uniquement aux institutions citées, telles que Tunisair ou l’Office de la marine marchande et des ports, car la crise est bien plus profonde que cela.

Soussi a également indiqué qu’en se référant à l’annexe n°9 de la loi de finances pour l’année 2025, relative aux entreprises publiques, on constate que la situation est extrêmement complexe. En effet, le rapport ne couvre qu’environ 42 entreprises publiques, alors que le nombre total des entreprises et établissements publics en Tunisie avoisine les 110. Il a précisé que le danger réside dans le fait qu’un certain nombre de ces entreprises ne publient pas d’états financiers actualisés, ce qui pose un véritable problème d’accès à une information économique fiable, notamment en raison de l’écart temporel important entre l’année d’activité et celle de la publication des données.

Il a par ailleurs expliqué la différence juridique entre les établissements publics à caractère non administratif et les sociétés dont l’État détient totalement ou partiellement le capital. Il a précisé que certaines de ces entités opèrent sur un marché concurrentiel et peuvent être gérées selon une logique purement économique, tandis que d’autres sont directement liées aux politiques sociales et tarifaires de l’État et ne peuvent atteindre l’équilibre financier sans son intervention.

Dans ce même contexte, l’économiste a souligné que l’un des principaux problèmes auxquels sont confrontées aujourd’hui les entreprises publiques est celui de l’endettement croisé entre elles et l’État. En effet, un grand nombre de ces entreprises ont des créances au profit de l’État, tout en étant, en parallèle, créancières de l’État pour des dettes non réglées. Il a cité, à titre d’exemple, la situation de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), qui détient des créances sur l’État à hauteur de 3 974 millions de dinars (en 2023), alors que ses dettes envers l’État ne dépassent pas 26,8 millions de dinars. Il a précisé que cette situation entrave la capacité d’investissement des entreprises et affecte directement la qualité des services fournis aux citoyens.

Il a également expliqué que le problème de la situation des établissements publics ne peut être réduit uniquement à une mauvaise gestion ou à des dépassements, malgré leur gravité et la nécessité d’en demander des comptes, mais qu’il s’agit d’un problème structurel lié au modèle de gestion, aux politiques tarifaires, au retard des réformes et à la faiblesse de la gouvernance.

Soussi a appelé à accélérer la mise en place de réformes progressives, accompagnées d’une politique de communication claire, prenant en considération la dimension sociale et la qualité des services publics.

Et de conclure en soulignant l’importance du rapport de la Cour des comptes, tout en insistant sur la nécessité d’accélérer les réformes, estimant que tout retard dans ce processus aura un coût plus élevé, tant pour l’État que pour les citoyens.

 

Écrit par: Meher Kacem



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