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today09/06/2026
Le sociologue Mamdouh Ezzedine a expliqué que la Tunisie est passée, au cours des dernières décennies, d’un modèle de pyramide démographique traditionnel – caractérisé par une large base de jeunes et une proportion limitée de personnes âgées, ne dépassant pas 10 % de la population – à une nouvelle structure démographique marquée par une hausse significative du nombre de seniors, dont la part atteint désormais environ 16,9 %, parallèlement à une baisse continue du taux de natalité.
Il a indiqué, au micro d’Achara3 Ettounsi, ce mardi 9 juin 2026, que l’âge moyen de la population tunisienne est aujourd’hui d’environ 35 ans, tandis que l’espérance de vie est passée de 56 ans à l’indépendance à près de 73 ans actuellement. Cette évolution reflète une amélioration du système de santé et de la qualité de vie, mais elle engendre également de nouveaux défis en matière d’équilibre démographique.
Le sociologue a souligné que le taux de chômage global en Tunisie avoisine 16 %, alors qu’il atteint près de 35 % chez les diplômés de l’enseignement supérieur. Selon lui, le chômage constitue l’un des principaux facteurs retardant l’autonomie économique des jeunes, ce qui conduit à repousser les projets de mariage et de fondation d’une famille.
Il a également relevé que le coût du logement est devenu particulièrement élevé, pouvant dépasser 200 000 dinars pour l’acquisition d’un bien immobilier. À cela s’ajoutent les dépenses liées au mariage et à son équipement, faisant de la création d’un foyer une charge financière importante pour les jeunes générations.
Ezzedine a précisé que l’âge moyen du mariage en Tunisie est désormais d’environ 35 ans pour les hommes et 29 ans pour les femmes, avec une tendance croissante à retarder la parentalité, voire à privilégier le modèle de l’enfant unique dans de nombreuses familles, sous l’effet des contraintes économiques et de l’évolution des modes de vie.
Le sociologue estime que ces indicateurs sont indissociables des profondes transformations culturelles que connaît la société tunisienne. Le mariage n’est plus perçu comme une nécessité sociale, mais davantage comme un choix individuel conditionné par la stabilité professionnelle, les capacités financières et l’épanouissement personnel.
Il a également souligné que la montée de l’individualisme, le recul du rôle de la famille élargie et l’évolution du système de valeurs ont contribué à redéfinir la relation au mariage et à la procréation. Cette tendance est renforcée par la culture de consommation et l’influence croissante des réseaux numériques, qui favorisent des modes de vie centrés sur l’instantanéité et les choix individuels.
Et d’affirmer que les défis démographiques auxquels la Tunisie est confrontée aujourd’hui dépassent largement la simple question des chiffres. Ils reflètent l’interaction complexe de facteurs économiques, sociaux et culturels, nécessitant des politiques publiques globales capables d’accompagner les mutations de la société et de soutenir les jeunes dans leur projet de construire des familles stables.
Écrit par: Meher Kacem