play_arrow
Express Radio Le programme encours
today20/07/2026
Le président de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-japonaise et du Conseil commun des chambres de commerce, Nacef Belkhiria, a indiqué ce lundi 20 juillet 2026 que le Plan solaire tunisien, lancé en 2010, visait à porter la part des énergies renouvelables à 30 % d’ici 2030. Toutefois, selon son évaluation, le taux de réalisation ne dépasse pas 9 %, appelant à analyser les causes de ce retard et à revoir les mécanismes de mise en œuvre des projets.
Intervenant dans l’émission « Expresso », Belkhiria a expliqué que le problème ne réside ni dans le manque d’études ni dans l’absence de ressources, mais plutôt dans la lenteur de l’exécution des projets, les difficultés liées au foncier, la complexité des procédures administratives, ainsi que la capacité limitée du réseau de transport d’électricité à absorber la nouvelle production issue des énergies renouvelables.
Le président de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-japonaise a proposé d’accélérer la réalisation de centrales de production d’électricité renouvelable à proximité des villes et des zones industrielles, afin de réduire les coûts de transport de l’énergie et d’alléger la pression sur le réseau de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). Il a souligné que la priorité devait être accordée aux grands projets d’une capacité comprise entre 100 et 500 MW, estimant que seuls ces projets sont en mesure d’avoir un impact significatif sur la production nationale. Il a ajouté que les installations photovoltaïques résidentielles, bien qu’importantes, n’ont qu’un effet limité sur le système électrique.
Belkhiria a également indiqué que le projet ELMED, visant l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, représente une opportunité stratégique pour exporter de l’électricité propre vers l’Europe. Il a toutefois souligné que la production actuelle d’énergies renouvelables demeure insuffisante pour exploiter pleinement cette opportunité. Il a estimé que la Tunisie devait concentrer ses efforts, au cours des prochaines années, sur quatre secteurs stratégiques :
Le président du Conseil commun des chambres de commerce a également affirmé que les récentes coupures d’électricité ont causé d’importantes pertes à plusieurs entreprises industrielles en raison de l’arrêt de leur production. Il a appelé à la création d’une base de données précise recensant les coupures par zone industrielle afin d’améliorer la planification et de mettre en place des mesures préventives. Il a également insisté sur la nécessité de restructurer la STEG, estimant que sa situation financière actuelle ne lui permet plus de faire face à la hausse continue de la demande en électricité ni de réaliser les investissements indispensables au développement du réseau de transport électrique.
Il a souligné que les défis liés au changement climatique et à la hausse des températures exigent des décisions anticipatives ainsi que des investissements urgents dans les infrastructures énergétiques, afin de permettre à la Tunisie de garantir sa sécurité énergétique et de renforcer la compétitivité de son économie au cours des prochaines années.
Par ailleurs, Belkhiria, a affirmé que la Tunisie dispose d’une véritable richesse à travers ses compétences humaines, estimant que le capital humain constitue le principal atout stratégique du pays. Selon lui, l’absence d’une vision claire pour valoriser ces compétences freine le développement économique et social.
Il a rappelé que, depuis l’indépendance, la Tunisie a réussi à mettre en place un système éducatif ayant formé des milliers de compétences dans de nombreux domaines. Toutefois, il a souligné que le véritable problème réside dans l’absence de politiques nationales capables de retenir ces talents et de les mettre au service de l’économie nationale.
Le président du Conseil commun des chambres de commerce a ajouté que le pays consacre d’importantes ressources à la formation des meilleurs étudiants, sans assurer un suivi de leur parcours professionnel après l’obtention de leur diplôme. Cette situation favorise leur recrutement par des entreprises étrangères. Il a indiqué que de nombreuses multinationales approchent désormais les étudiants tunisiens dès leur projet de fin d’études, notamment dans les domaines de l’informatique, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité, entraînant ainsi une fuite des compétences avant même leur entrée sur le marché du travail national.
Et de souligner que la préservation des compétences scientifiques est devenue une nécessité stratégique, particulièrement dans un contexte marqué par l’accélération des transformations technologiques à l’échelle mondiale. Il a insisté sur le fait que l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les technologies de pointe constituent désormais des piliers essentiels de la sécurité économique des États.
Écrit par: Meher Kacem
Chambre de commerce et d'industrie tuniso-japonaise Plan solaire