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Le groupe Fabre investit 200 millions d’euros par an dans l’innovation, selon directeur général

today04/10/2022

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Eric Ducournau, directeur général du groupe Pierre Fabre, s’est exprimé ce 4 octobre 2022 dans l’émission Expresso sur le potentiel de l’accord franco-tunisien et l’importance de l’innovation dans le domaine médical en Afrique.

Le groupe français Pierre Fabre, avec un chiffre d’affaires de 2 milliards et demi d’euros, est une entreprise spécialisée dans le secteur du médicament et de la dermo-cosmétique, notamment présent en Tunisie avec les marques Avène, Ducray ou René Furterer. Cette présence sur le territoire, actée depuis une trentaine d’année, a été renforcée en 2007 lors d’un partenariat établi avec la SIPHAT (Société des Industries Pharmaceutiques de Tunisie). Un accord qui a permis l’implantation d’une usine commune à Tunis, seule usine de production du groupe étrangère à la France, dans le cadre d’un partenariat public-privé. Le groupe possède plus de 60% des parts, avec une fabrication de médicaments dont l’ensemble de la production est destiné à la Tunisie et plus largement à l’Afrique sub-saharienne.

Pierre Fabre fête cette année ces 60 ans, une longévité qui s’explique par plusieurs piliers selon son directeur, reconnaissables par les patients, les consommateurs et ses salariés. Ses valeurs, basées sur la naturalité, l’innovation et l’originalité intervient dans un contexte français où elle est la seule entreprise détenue majoritairement par une fondation éponyme à but humanitaire, qui détient 86% des actions. Ce n’est donc pas une société cotée mais privée, dont les dividendes reviennent quasi exclusivement à des actions humanitaires, menées en Afrique et en Asie du sud.

Cette gouvernance particulière contribuant à la pérennité de l’entreprise, résulte de plusieurs facteurs. Premièrement, de part cette double casquette unique qu’a l’entreprise de proposer à la fois un marché dermo-cosmétique et de médicaments. Ces deux business modèles différents sont désormais à l’abri de la fondation et de ses dividendes, différentes de celles qu’auraient eu des actionnaires privés. D’autre part, de l’altruisme du créateur et de la conscience du privilège dont il disposait, souhaitant alors le rendre au service de l’humanité à travers cette structure.

La fondation, reconnue d’utilité publique, réalise un bon nombre de missions comprenant trois axes essentiels :

  • Contribuer à la formation des professionnels de santé, notamment en Afrique où de nombreux pays ne bénéficient pas de contrôle-qualité pour les médicaments. Ici, la fondation forme alors les pharmaciens en laboratoires afin de créer cette vérification officielle propre au pays concerné, dans le but de servir à la santé de la population et certifier les achats médicaux faits par le gouvernement.

 

  • Intervenir dans certaines maladies endémiques en Afrique, telles que la drépanocytose (maladie du sang) ou l’albinisme, une pathologie de la peau invalidante pour le patient qui peut être rejeté de la société et de sa communauté. La fondation aide en ce sens à trouver sa place dans la société, de part des missions de fabrication dans celle des protections solaires, par exemple, qu’eux-mêmes consomment quotidiennement et qu’ils vont pouvoir revendre par la suite, pour leur permettre une rémunération.

 

  • Enfin, promulguer le secteur de la E-Health sur le continent africain, du fait de l’absence d’un grand nombre de médecins. Le but est de repérer des sociétés investies dans ce procédé pour les subventionner, afin d’apporter son aide dans leur développements, bénéfique à l’émergence de la santé à ce niveau.

Des objectifs néanmoins réservés aux pays dans le besoin, qui n’englobent pas forcement la Tunisie, étant donné que celle-ci bénéficie d’un système de santé organisé et soutenable selon le directeur.

M. Ducournau a également abordé le sujet de l’innovation, un investissement qui nécessite environ 200 millions d’euros par an, répartis entre les deux secteurs du groupe. Ce sont des coûts nécessaires à l’avenir de l’entreprise qui se doit d’innover pour créer de nouvelles productions au fil du temps. Ces financements dépendent exclusivement des revenus et marges du groupe. La fondation, majoritaire dans le rôle de l’entreprise, ne sert qu’à solidifier son capital mais n’intervient pas dans les décisions de gestion. Ces décisions sont prises avec son conseil administratif et scientifique, en plus d’un soutien stratégique important de la part du ministère français des Affaires étrangères.

Pierre Fabre Tunisie, comprenant environ 130 collaborateurs, est une véritable tête de pont dans les échanges avec l’Afrique sub-saharienne, pour une génération globale de revenus estimée à 150 millions de dinars. Un chiffre d’affaire et une activité générée qui tend à être augmentée de plus de 30 %, avec une projection de 7 à 10 millions d’unités produites à l’horizon 2025. Le co-investissement avec la SIPHAT permettra une production au standard qualité avec un potentiel objectif de réexportation des produits tunisiens vers l’Europe et notamment la France. Après la période difficile liée à la pandémie, faire le point sur les chantiers d’innovations et de produits en cours était la priorité des équipes, afin de remettre l’accent sur ce partenariat franco-tunisien.

 

Inès Zarrouk

Écrit par: Asma Mouaddeb


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