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Express Radio Le programme encours
today12/05/2025
Le directeur de l’exploitation à la Société Ellouhoum, Skander Rajah, a indiqué que le secteur de la viande rouge n’a pas été structuré depuis des décennies, précisant que bien que le diagnostic ait été établi, l’exécution reste bloquée.
Il a expliqué, au micro d’Achara3 Tounsi, ce lundi 12 mai 2025, que le problème réside dans la disponibilité des ressources financières, soulignant que des fonds ont été alloués aux abattoirs et que des instructions ont été données pour lancer la mise à niveau de tous les abattoirs relevant des collectivités locales sur l’ensemble du territoire national, ainsi que ceux de la Société des Viandes.
Selon l’étude financière réalisée en 2018, le coût de la mise à niveau des abattoirs de la Société Ellouhoum avait été estimé à 12,2 millions de dinars, un chiffre qui est désormais passé à 16 millions. Au niveau national, ce coût s’élève actuellement à 40,8 millions de dinars. Il a insisté sur la nécessité de sauver ce secteur en raison de son lien direct avec la santé des citoyens et la continuité de l’activité des agriculteurs.
Il a affirmé que ce secteur est marginalisé depuis plusieurs années. En 2015, la consommation annuelle de viande rouge par habitant était de 11 kg, elle a chuté à 8,6 kg en 2021, et devrait atteindre environ 7 kg en 2024, ce qui constitue un indicateur alarmant selon ses propos.
Parmi les raisons de ce déclin, il a cité la sécheresse, le désengagement des éleveurs, la contrebande de bovins vers d’autres pays, et l’absence de compensations pour les agriculteurs en période de crise, ce qui les pousse à abandonner l’élevage.
Rajah a souligné la nécessité de soutenir ce secteur, notant que près de 95% des abattoirs ne répondent pas aux normes sanitaires, la plupart d’entre eux opérant dans des conditions d’hygiène déplorables. Leur mise à niveau est donc urgente afin de protéger la santé publique.
Des fonds ont été alloués à la Société des Viandes, et les travaux de mise à niveau devraient commencer en 2026 pour adapter les abattoirs aux normes sanitaires et techniques, sous la supervision de la Société des Viandes et du ministère du Commerce. Ce projet sera le plus ambitieux en termes d’investissement.
Il a également évoqué le problème du transport de la viande rouge, affirmant que 98% des équipements de transport ne respectent pas les normes sanitaires.
Il a insisté sur l’importance du classement et de la segmentation de la viande, en raison des différences de qualité et de prix. La vente sera limitée aux bouchers agréés et aux grandes surfaces. Il a aussi souligné l’importance de sensibiliser et d’informer le consommateur.
Enfin, il a déclaré que le prix du kilo de viande ovine atteint 57 dinars, ce qu’il juge inacceptable, affirmant qu’un prix raisonnable serait autour de 38 dinars, et que le prix du kilo de viande bovine devrait également être raisonnable.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la consommation hebdomadaire de viande rouge recommandée est comprise entre 97 et 500 grammes. Il a noté que la moyenne en Tunisie est bien en dessous de la moitié de ce seuil, expliquant que la flambée des prix pousse les Tunisiens à se tourner vers la viande blanche et à modifier leurs habitudes alimentaires.
Écrit par: Meher Kacem