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Express Radio Le programme encours
today23/01/2026
Yassine Gouiâa, président de l’Organisation nationale des entrepreneurs, a affirmé que l’entrepreneuriat n’est plus un choix secondaire, mais constitue désormais l’un des piliers essentiels de la relance de l’économie nationale, face aux défis économiques, climatiques et structurels auxquels la Tunisie est confrontée.
Il a souligné, au micro d’Expresso, ce vendredi 23 janvier 2026, que le soutien aux entrepreneurs, notamment les jeunes et les femmes, passe impérativement par l’amélioration du climat des affaires, la simplification des procédures et la facilitation de l’accès à l’information et au financement.
Dans ce contexte, il est revenu sur l’organisation du One Business Forum, qu’il a qualifié de rendez-vous économique exceptionnel, estimant qu’il a constitué une première par l’ampleur de la participation et la diversité des acteurs présents. Le forum a réuni des entrepreneurs, des dirigeants de petites, moyennes et grandes entreprises, des auto-entrepreneurs, ainsi que des représentants des pouvoirs exécutif et législatif, des banques, des fonds d’investissement et des structures publiques. L’objectif principal était, selon lui, de rapprocher le décideur du terrain économique et de rompre l’isolement dont souffrent de nombreux porteurs de projets.
Gouiâa a révélé que le forum a abouti à plus de 174 partenariats et accords préliminaires entre des entreprises tunisiennes et leurs homologues algériennes et libyennes, dans le cadre de partenariats privé-privé et privé-public, en plus de plus de 200 rencontres B2B enregistrées entre entreprises.
Il a également évoqué l’existence d’un véritable fossé entre les décideurs et les chefs d’entreprise, ainsi que des problématiques liées à la complexité des procédures, au manque de coordination entre les structures et à l’insuffisance d’informations fiables et accessibles en temps opportun. Il a ajouté que le rôle des organisations professionnelles et de la société civile consiste à contribuer à l’élaboration des politiques publiques, soit à travers des études, soit en relayent directement la voix des entrepreneurs auprès des cercles de décision.
Il a par ailleurs affirmé que ces difficultés ne concernent plus uniquement les régions de l’intérieur, mais touchent désormais l’ensemble des gouvernorats, notamment en raison de la dégradation des infrastructures et de l’impact du changement climatique, ce qui affecte négativement le climat de l’investissement et l’activité économique. Il a, à ce titre, appelé à miser davantage sur la transformation numérique comme choix stratégique afin d’assurer la pérennité des projets et de réduire leur vulnérabilité aux crises.
Concernant l’entrepreneuriat féminin, Gouiâa a estimé que l’objectif annoncé par le ministère de la Femme, visant à atteindre 30 % de femmes entrepreneures, est ambitieux mais réalisable, malgré l’absence de statistiques complètes et précises. Il a révélé qu’environ 40 % des startups labellisées en Tunisie sont dirigées par des femmes, et que près de 25 % des entreprises sont gérées par des femmes, des chiffres qui traduisent, selon lui, une évolution notable du rôle de la femme dans le tissu économique.
Il a toutefois souligné la persistance d’un écart dans l’accès au financement entre les femmes et les hommes, appelant les banques et les institutions financières à évaluer les projets portés par des femmes sur la base de la compétence et de la viabilité, et non du genre.
En conclusion, Gouiâa a insisté sur la nécessité de dépasser les stéréotypes cantonnant les femmes à des secteurs traditionnels, mettant en avant leur présence croissante dans les domaines de l’innovation, de la technologie et de l’intelligence artificielle, ainsi que leur capacité à créer une réelle valeur ajoutée pour l’économie nationale.
Écrit par: Meher Kacem
Entrepreneuriat féminin One Business Forum Organisation nationale des entrepreneurs