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Express Radio Le programme encours
today17/03/2025
Ali Belhadj, ancien directeur de l’Observatoire national de la migration, a indiqué que le phénomène migratoire n’était pas nouveau et ne concernait pas uniquement la Tunisie, précisant que ce qui a changé, c’est surtout la manière dont on le traite, notamment sur le plan politique.
Il a affirmé, au micro d’Expresso, ce lundi 17 mars 2025, que les politiques des États tournent désormais entièrement autour de la migration, qui est devenue un enjeu central pour remporter des élections dans certains pays.
Il a poursuivi en expliquant que « la migration est une question sociétale, économique et sanitaire qui influence les relations internationales et les dynamiques géopolitiques actuelles. C’est ce qui pousse de nombreux États à mettre en place des mécanismes spécifiques de gouvernance de la migration, car elle impacte les économies nationales sous plusieurs aspects. »
Il a rappelé que la Tunisie a toujours accueilli des migrants au fil de l’histoire, évoquant notamment l’accueil d’un grand nombre de Palestiniens lors du siège du Liban, ainsi que l’arrivée de Libyens après la révolution.
Il a également souligné que même la migration interne, c’est-à-dire le déplacement de citoyens d’une région à une autre à l’intérieur du même pays, pouvait parfois susciter des tensions. Il a posé la question de l’acceptation de l’« autre », expliquant que l’acceptation est généralement plus forte lorsque les migrants partagent des similarités culturelles et sociales avec la population locale. En revanche, le rejet est plus marqué lorsque les différences sont importantes, en particulier lorsque les pays d’origine des migrants connaissent des difficultés économiques.
Il a également abordé le rôle des migrants dans le développement économique des pays d’accueil.
En ce qui concerne la Tunisie, Belhadj a mentionné la concentration importante de migrants dans le gouvernorat de Sfax, bien que Tunis reste la ville qui en accueille le plus grand nombre.
Sur la question des expulsions, il s’est interrogé : « Est-ce réellement la meilleure solution ? Avons-nous les moyens nécessaires pour la mettre en œuvre ? »
Il a insisté sur la nécessité d’une analyse objective de la situation, en évitant les jugements émotionnels et en identifiant clairement les véritables enjeux.
L’universitaire et chercheur a affirmé que toute forme d’appropriation illégale de biens appartenant à des citoyens tunisiens ou d’actes de violence nécessitait une intervention de l’État afin de garantir la sécurité et les droits des Tunisiens.
Selon l’enquête nationale sur la migration internationale, le nombre total de migrants étrangers en Tunisie était estimé à 58.990 personnes en 2021, comprenant aussi bien des résidents en situation légale qu’irrégulière, répartis comme suit :
Il a ajouté que le recensement général de la population de 2024 permettra d’obtenir des chiffres actualisés sur la présence des migrants en Tunisie. De plus, une enquête spécifique sur les étrangers sera réalisée en 2026 afin d’affiner les données. Il a insisté sur l’importance des statistiques fiables pour élaborer des politiques migratoires efficaces, basées sur des études et des solutions adaptées.
Écrit par: Meher Kacem