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Express Radio Le programme encours
today10/04/2025
L’ancien directeur des politiques monétaires à la Banque centrale de Tunisie, Mohamed Salah Souilem, a affirmé que la BCT conserve certaines inquiétudes quant à un retour de la hausse de l’inflation, malgré la réduction du taux directeur.
Pour rappel, la Banque centrale de Tunisie a réduit le taux directeur de 50 points de base, le faisant passer de 8% à 7,5%.
Souilem a expliqué, au micro d’Expresso, ce jeudi 10 avril 2025, que ces inquiétudes sont liées à l’inflation provenant des produits alimentaires, notamment les produits frais, qui ont enregistré une forte hausse durant le mois de Ramadan. Il a toutefois exprimé l’espoir de voir les prix baisser suite aux récentes précipitations.
Il a également mentionné l’alerte lancée par la BCT dans son dernier rapport, concernant l’évolution de la liquidité et de la masse monétaire, en raison du recours de l’État à l’emprunt direct auprès de la Banque. Selon lui, le taux d’inflation atteindra 5,1% en 2025.
Souilem a par ailleurs évoqué l’impact potentiel des droits de douane imposés par Trump, indiquant qu’ils pourraient influencer les prix de nombreuses matières premières, y compris le pétrole. La baisse du prix du pétrole au niveau mondial aurait, selon lui, des retombées positives sur les finances publiques tunisiennes.
Il a également anticipé une poursuite du recul de l’inflation, ce qui, selon lui, pourrait entraîner une nouvelle baisse du taux directeur.
À noter que, selon l’Institut national de la statistique, le taux d’inflation à la consommation pour le mois de mars 2025 a légèrement augmenté, atteignant 5,9%, contre 5,7% en février.
D’un autre côté, Souilem a exprimé l’inquiétude de la Banque centrale face à l’aggravation du déficit de la balance des paiements (commerciale et courante). Il a souligné que le déficit courant s’est creusé à 1 654 millions de dinars, contre 113 millions une année auparavant, en raison principalement de l’augmentation du déficit commercial, estimé à 1 765,5 millions de dinars.
Il a averti que si cette tendance se poursuivait, le déficit commercial pourrait atteindre 20 milliards de dinars, un chiffre élevé susceptible de provoquer une pression sur les réserves en devises étrangères, et de contribuer à l’inflation importée.
Enfin, l’ancien responsable de la Banque centrale a souligné que le déficit extérieur est principalement dû au déficit énergétique, malgré les efforts de l’État pour se tourner vers les énergies renouvelables et alternatives. Il a ainsi appelé à poursuivre les efforts d’exploration, de recherche et de production d’hydrocarbures, estimant que la Tunisie, comme le reste du monde, a encore besoin de pétrole et de gaz.
Écrit par: Meher Kacem
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