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Première étude en Tunisie sur l’intelligence artificielle comme levier pour le rôle social de l’État

today11/12/2025

Arrière-plan

Imed Hnana, président de l’Association tunisienne pour l’intelligence artificielle (ATIA), a affirmé que l’étude publiée par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), intitulée « l’intelligence artificielle : un levier pour le rôle social de l’État », est la première du genre en Tunisie. Elle analyse cinq secteurs vitaux : l’éducation, la santé, l’agriculture, l’énergie et le transport.

Hnana a expliqué, au micro d’Expresso, ce jeudi 11 décembre 2025, que l’élaboration de cette étude a été le résultat d’une large participation de spécialistes, d’experts et de décideurs, au nombre d’environ 125 participants, soulignant qu’elle a été préparée en parfaite cohérence avec la vision de l’État et son rôle social.

Il a indiqué que l’étude a clairement défini le concept du rôle social de l’État et les possibilités d’utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer la performance du service public et la qualité des prestations destinées au citoyen, en s’appuyant sur des rapports et des références internationales ainsi que sur des expériences comparées.

Hnana a souligné que le rôle social de l’État repose essentiellement sur la garantie du bien-être social, la réduction des inégalités, la protection des catégories vulnérables et l’accès équitable aux services de base. Il a ajouté que l’intelligence artificielle peut constituer un élément décisif pour atteindre ces objectifs.

Il a également averti que l’intelligence artificielle est « une arme à double tranchant », ce qui nécessite de l’orienter et de l’utiliser avec conscience, éthique et responsabilité, afin qu’elle ne devienne pas un facteur aggravant les disparités au lieu de les réduire. Il a ajouté que le défi pour l’État consiste à accompagner cette transition technologique et à garantir son intégration dans les services publics de manière équitable et sécurisée.

Recommandations

Hnana a estimé que l’adoption de l’intelligence artificielle dans des domaines tels que la santé, l’agriculture et l’éducation représente une véritable opportunité pour améliorer la qualité des services, soulignant que l’étude a formulé 143 recommandations destinées aux ministères, susceptibles de les aider à améliorer leurs performances dans un délai relativement court.

Parmi les recommandations mises en avant, figure l’appel à utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer l’efficacité de la consommation énergétique, à travers l’élaboration d’approches claires et spécifiques pour chaque secteur. L’étude a également recommandé la mise en place de mécanismes modernes d’achat public permettant aux établissements éducatifs d’adopter des solutions innovantes basées sur l’intelligence artificielle et les technologies d’apprentissage, via des expérimentations pilotes servant à évaluer l’efficacité de ces solutions avant leur généralisation, tout en ouvrant la voie aux start-ups.

L’étude a aussi appelé à mener une recherche nationale approfondie sur l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers et le marché du travail en Tunisie, afin d’orienter les réformes des programmes éducatifs et des méthodes d’enseignement en adéquation avec les transformations futures.

L’étude a conclu que l’intelligence artificielle constitue aujourd’hui un levier stratégique pour moderniser le système de santé en Tunisie, car elle peut offrir des solutions concrètes au manque de ressources humaines, à la pression croissante sur les infrastructures hospitalières, aux disparités régionales dans l’accès aux soins, ainsi qu’à l’amélioration de l’exploitation des données médicales.

Écrit par: Meher Kacem



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