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Hatem Atallah : la Tunisie doit se positionner dans l’ensemble du Sud global

today12/12/2025

Arrière-plan

La 39ᵉ édition des Journées de l’Entreprise, organisée par l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE), s’est ouverte dans la matinée du vendredi 12 décembre 2025 sous le thème « L’entreprise et le nouvel ordre économique».

Dans ce cadre, Hatem Atallah, ancien Ambassadeur de la Tunisie au Royaume-Uni et ancien chef de la représentation de Tunisie à l’Union africaine est revenu, au micro d’Expresso, sur le nouvel ordre géopolitique et son impact sur notre région.

Atallah a fait savoir qu’avant de parler d’un nouvel ordre économique mondial, il faut parler du nouvel ordre mondial, avec tous les changements et tous les bouleversements qui se passent autour de nous et cette compétition qui peut mener même à une situation conflictuelle entre les deux puissances. Tout ceci ne peut avoir qu’un impact sur notre région et notre pays, entraînant une certaine contrainte par rapport au positionnement de notre pays. Mais ce positionnement ne peut se faire qu’après une compréhension et une vision prospective des développements qui se manifestent autour de nous.

Et de poursuivre qu’aujourd’hui « nous voyons pratiquement un conflit qui se prépare entre la Chine et le bloc qui la suit, principalement au sein du BRICS d’un côté et les Etats-Unis et toutes ses alliances au niveau du bloc occidentale de l’autre ».

« Aujourd’hui, ce n’est plus une question d’accès aux marchés, ni de position de leadership, mais nous sommes pratiquement face à une situation existentielle entre ces deux blocs. Aujourd’hui la question est quel modèle va s’imposer et primera par rapport à l’autre », a-t-il dit.

Avec les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, tous ces aspects entrent en jeu pour montrer qu’il y a un changement radical au niveau de l’approche.

Atallah a également indiqué que la Tunisie ne vit pas dans un îlot : « nous vivions dans une structure de partenariats, nous avons nos intérêts, nos objectifs, nos ambitions et notre modèle de développement. Tout ceci ne peut pas s’échapper à l’impact qui sera surement ressenti à travers le monde ».

Face à cette situation, la Tunisie fait face à un certain nombre de question, notamment comment se positionner dans ce nouvel ordre mondial qui se dessine. Malheureusement la question se complique davantage parce que ce nouvel ordre mondial on n’en voit pas encore les véritables contours, les soubassements et la plateforme par laquelle il va se manifester et s’exercer.

Pour prendre position, il faut donc faire un travail de prospective, d’anticipation et essayer de comprendre et imaginer ce que pourrait être ce nouvel ordre mondial. On en voit déjà quelques lignes, notamment la nouvelle approche de la paix par la force, mais il y a également de nouveaux concepts qui émergent comme, malheureusement, l’abandon du respect du droit international en général et le droit international humanitaire spécialement.

Selon Atallah, la Tunisie doit se préparer et se donner les moyens de faire face éventuellement à divers scénarios. Cette préparation se fait par la mise en place d’une approche de multi-alignement, c’est-à-dire suivre les intérêts quel que soit la situation ou le pays ou le partenaire. Il faut sortir de la contrainte idéologique et des alliances traditionnelles.

Et d’ajouter que « la Tunisie seule ne pèse pas grand-chose et doit donc se positionner dans un ensemble. L’ensemble le plus évident c’est le Sud global. Il faut s’insérer dans ce concept général et d’avoir la possibilité, à travers cet ensemble, de faire entendre la voix de la Tunisie, avancer ses idées et ses concepts et essayer, à travers des alliances au sein du Sud global, à les faire adopter dans le contexte général de cette discussion qui est en train d’être menée par les grandes puissances pour l’établissement des règles du nouvel ordre ».

Atallah a conclu en affirmant qu’l faut choisir de nouvelles voies pour le développement économique du pays. Il faut que ce soit une économie et un modèle de développement basés sur le savoir et qu’il y ait une nouvelle approche qui tient compte de la vision, de l’ambition et de la structure socio-économique souhaitée par la nouvelle génération.

Écrit par: Meher Kacem



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