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59% des TRE n’envisagent pas de retourner en Tunisie : le résultat direct du contexte socioéconomique, selon Mamdouh Ezzedine

today25/12/2025

Arrière-plan

Une étude récente, menée auprès de plus de 1 041 membres de la communauté des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE), révèle que 59% d’entre eux n’envisagent pas de retourner en Tunisie, tandis que 20 % de l’échantillon expriment une volonté claire de retour, et 21 % déclarent réfléchir à un éventuel retour sans plan précis à l’heure actuelle.

Dans ce contexte, le sociologue Mamdouh Ezzedine a appelé, ce jeudi 25 décembre 2025, au micro d’Achara3 Tounsi, à interpréter ces chiffres avec prudence, soulignant que le taux de 59 % ne doit pas être compris comme un rejet de la Tunisie ni comme une rupture avec le pays, mais plutôt comme le résultat direct des contextes économique et social ayant poussé de nombreux Tunisiens à s’installer durablement à l’étranger, tout en préservant un fort sentiment d’appartenance à leur patrie.

Ezzedine a précisé que l’étude a porté sur un échantillon de 1 041 Tunisiens, alors que le nombre total de Tunisiens vivant à l’étranger s’élevait, selon les statistiques de 2024, à environ 1 816 000 personnes, soit près de 15 % de la population totale.

Il a comparé la situation des Tunisiens résidant à l’étranger à celle des habitants de la capitale venus d’autres régions du pays, qui s’y sont installés, y ont fondé leurs familles et construit leur avenir. Interrogés sur un éventuel retour dans leurs régions d’origine, la majorité répondrait par la négative, non par reniement, mais parce que leur vie professionnelle, sociale et l’avenir de leurs enfants sont désormais liés à la capitale. Selon lui, cette logique s’applique également à une grande partie des Tunisiens établis à l’étranger.

Il a ajouté que les 59 % représentent environ 1 072 000 Tunisiens, s’interrogeant sur la capacité actuelle de l’État à leur offrir, en cas de retour, des services de santé, des opportunités d’emploi et une qualité de vie comparables à celles des pays d’accueil.

En revanche, il a indiqué que 20 % des membres de la diaspora, soit environ 364 000 Tunisiens, expriment le souhait de revenir, ce qui soulève également la question de la capacité de la Tunisie à les absorber et à leur offrir des opportunités d’emploi et d’investissement.

Contribution au soutien de l’économie nationale

Mamdouh Ezzedine a également mis en lumière un autre indicateur important de l’étude : 56 % des Tunisiens résidant à l’étranger ont exprimé leur attachement et leur amour pour la Tunisie, ainsi que leur volonté de la visiter régulièrement. Une large partie d’entre eux contribue par ailleurs aux transferts financiers vers le pays, lesquels représentent environ 52 % du service de la dette extérieure, et près de 30 % des réserves en devises de la Banque centrale.

Il a souligné que ces chiffres démontrent que la diaspora tunisienne n’est pas seulement émotionnellement liée à son pays, mais qu’elle contribue directement au soutien de l’économie nationale et au processus de développement, tout en disposant de compétences et d’expertises capables d’améliorer la qualité des investissements en Tunisie.

Enfin, il a affirmé que les raisons expliquant la non-volonté de retour chez les 59 % ne relèvent ni d’une crise identitaire ni d’un affaiblissement du sentiment d’appartenance, mais sont essentiellement liées à des facteurs structurels et procéduraux, tels que la bureaucratie, la rigidité du marché du travail, les insuffisances des infrastructures dans les secteurs du transport et de la santé, l’absence de mise à jour des législations entravant l’investissement, ainsi que la lenteur du processus de digitalisation. Autant de problématiques qui, selon lui, peuvent être résolues à travers des politiques publiques efficaces, à condition que la volonté politique et les réformes nécessaires soient au rendez-vous.

Écrit par: Meher Kacem



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