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Mohamed Wartatani : la multiplicité des textes juridiques a entraîné une complexification du parcours d’investissement

today05/01/2026

Arrière-plan

L’expert en investissement et ancien directeur général du Fonds national d’investissement, Mohamed Wartatani, a affirmé que l’orientation du gouvernement vers la révision et la modification du Code de l’investissement constitue une réforme structurelle nécessaire, s’inscrivant dans une nouvelle vision nationale du développement, notamment avec l’achèvement de l’élaboration du plan de développement 2026–2030.

Wartatani a estimé, au micro d’Expresso, ce lundi 5 janvier 2026, que le Conseil ministériel consacré à la révision du Code de l’investissement a véhiculé des messages positifs, reflétant une prise de conscience officielle de l’importance de l’investissement en tant que levier essentiel de la croissance économique, de la création d’emplois, ainsi que du renforcement de la valeur ajoutée et de la compétitivité de l’économie nationale. Il a souligné que parmi ces messages figure l’orientation de l’investissement vers les secteurs à forte valeur ajoutée, notamment les secteurs technologiques et innovants, tout en veillant à réaliser un développement régional juste et équilibré, prenant en compte la dimension environnementale, en cohérence avec l’approche du développement durable.

Concernant les textes actuels régissant l’investissement, Wartatani a indiqué que la multiplicité des textes et des décrets d’application a entraîné une dispersion des références et une complexification du parcours d’investissement, rendant difficile pour les investisseurs la compréhension du cadre juridique et l’accès aux incitations.

Parmi les principales insuffisances relevées par l’invité de l’émission Expresso figurent la persistance de la logique des autorisations malgré le principe de la liberté d’investissement, la multiplicité des structures intervenantes, la complexité des procédures, ainsi que le manque de stabilité des avantages fiscaux, en raison des changements fréquents dans les lois de finances, outre les transformations mondiales imposant le changement.

Mohamed Wartatani a insisté sur le fait que les mutations économiques mondiales, en particulier les nouvelles exigences environnementales du marché européen, imposent à la Tunisie une révision profonde de son système d’investissement, affirmant que la modification de la loi n’est plus un choix, mais une nécessité stratégique pour préserver la compétitivité de l’économie nationale.

L’expert en investissement a appelé à passer de la logique des incitations à celle de la construction de la confiance, soulignant que la décision d’investir est influencée par d’autres facteurs tout aussi importants, tels que la qualité des ressources humaines, la rapidité de réalisation des projets, la clarté des procédures, ainsi que la facilité d’accès aux autorisations et au foncier industriel.

Il a conclu en affirmant que les réformes urgentes doivent se concentrer sur la simplification des procédures administratives, la réduction du régime des autorisations, le passage du contrôle a priori au contrôle a posteriori, ainsi que sur l’unification des intervenants et l’amélioration de la gouvernance, considérant que ces axes constituent le socle d’un climat d’investissement clair et stable, fondé sur la confiance et capable d’attirer des investissements productifs créateurs de richesse et d’emplois durables.

Écrit par: Meher Kacem



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