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Badreddine Gammoudi : le gel des efforts de lutte contre la corruption menace le climat d’investissement

today20/02/2026

Arrière-plan

Badreddine Gammoudi, député à l’ARP et membre de la Commission de l’organisation de l’administration, de son développement, de la numérisation, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, a affirmé que le maintien de la Tunisie au même rang dans l’Indice de perception de la corruption pour l’année 2025 reflète une véritable stagnation dans le processus de lutte contre la corruption. Il a appelé à une révision globale du cadre législatif et institutionnel relatif à la lutte contre la corruption.

Il a expliqué, au micro d’Expresso, ce vendredi 20 février 2026, que l’Indice de perception de la corruption publié par Transparency International repose sur plusieurs critères fondamentaux, notamment l’ampleur de la corruption, le détournement de fonds publics de leurs finalités initiales, l’abus de pouvoir, le recours au favoritisme dans les nominations, ainsi que le niveau de protection juridique accordée aux lanceurs d’alerte. Il a estimé qu’il est inacceptable que la Tunisie demeure au même rang sans amélioration notable par rapport à l’année précédente, surtout au regard de l’arsenal juridique important mis en place depuis 2011, qui aurait dû contribuer à améliorer le classement du pays à l’échelle internationale.

Il a critiqué la décision de dissoudre l’Instance nationale de lutte contre la corruption sans lui trouver une alternative efficace, considérant que, malgré les dépassements ayant marqué son expérience, elle assurait un minimum de protection juridique et morale aux lanceurs d’alerte. Selon lui, il aurait été préférable de la réformer et de la développer plutôt que de la supprimer, car son absence a entraîné un recul notable du signalement des faits de corruption, les lanceurs d’alerte se retrouvant désormais exposés à des poursuites judiciaires ou à l’exclusion professionnelle.

Gammoudi a souligné que le problème ne réside pas uniquement dans l’insuffisance des lois, mais dans la faiblesse de leur application. Il s’est interrogé sur le degré de mise en œuvre de la loi sur l’enrichissement illicite, censée limiter l’exploitation de la fonction publique à des fins d’enrichissement personnel, appelant également à la révision de lois fondamentales, notamment celle relative aux marchés publics.

Il a ajouté que la numérisation constitue l’un des outils pratiques les plus importants pour réduire la corruption, puisqu’elle limite le contact direct entre le citoyen et l’administration et renforce la transparence et la redevabilité. Toutefois, la résistance à l’introduction de la numérisation au sein de certaines administrations soulève des interrogations, en raison de la menace qu’elle représente pour des centres d’influence illégaux.

Et de conclure qu’améliorer le classement de la Tunisie dans l’Indice de perception de la corruption n’est pas impossible, mais nécessite une volonté politique claire, traduite par des décisions législatives et exécutives audacieuses : réactiver ou créer une instance indépendante et efficace de lutte contre la corruption, garantir une protection juridique effective aux lanceurs d’alerte, accélérer la révision des lois liées à la transparence et à la gouvernance, et faire avancer la numérisation au sein de l’administration publique.

Écrit par: Meher Kacem



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