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L’encours des crédits bancaires non professionnels accordés aux particuliers a atteint 30 milliards 464 millions de dinars

today20/02/2026

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L’encours des crédits bancaires non professionnels accordés aux particuliers en Tunisie a atteint 30 milliards 464 millions de dinars à fin décembre 2025, contre 30 milliards 22 millions de dinars à fin décembre 2024, soit une hausse de 442 millions de dinars, selon des données publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT)

Commentant l’ensemble des indicateurs relatifs à l’encours des crédits bancaires non professionnels destinés aux personnes physiques, l’analyste financier Bassem Ennaifer a indiqué, dans une déclaration à l’Agence Tunis Afrique Presse, que le volume des crédits bancaires accordés aux particuliers a enregistré une stabilité à fin décembre 2025.

Il a estimé que la principale donnée marquante concerne les crédits immobiliers, qui constituent la part la plus importante des crédits non professionnels. Ceux-ci ont atteint 13 milliards 325 millions de dinars à fin décembre 2025, contre 13 milliards 523 millions de dinars à fin décembre 2024.

Il a relevé qu’en termes d’évolution nette de l’encours (remboursements et nouveaux crédits), les crédits logement ont enregistré, pour la première fois depuis 2011, une croissance négative, avec un recul de 197,6 millions de dinars.

Il a expliqué cette baisse par « la crise que traverse le secteur du logement en Tunisie », précisant qu’une grande partie des Tunisiens n’est plus en mesure d’obtenir des financements bancaires pour acquérir un logement, en raison de la baisse de leur capacité d’endettement et du fait qu’ils privilégient désormais les dépenses liées à la vie quotidienne, à l’éducation et à la santé, dans l’attente d’une nouvelle baisse des taux d’intérêt. Il a ajouté que le logement social est devenu une nécessité majeure et qu’il se trouve au cœur des orientations sociales de l’État.

Il convient de rappeler qu’un amendement de la loi organique régissant la SNIT a été récemment adopté afin de permettre à une large frange de Tunisiens d’accéder à la propriété, en application des instructions du président de la République, Kais Saied, qui a insisté sur la nécessité de relancer ce type de logement et de permettre à un grand nombre de citoyens d’acquérir des habitations à des prix abordables tenant compte de leur pouvoir d’achat.

L’encours des crédits destinés à l’amélioration ou à la rénovation de logements a atteint, à fin décembre 2025, 11 milliards 270 millions de dinars, en hausse de 315,1 millions de dinars par rapport à décembre 2024. Selon l’analyste, cette évolution reflète une amélioration effective des logements, notamment par des extensions ou l’ajout d’un étage supplémentaire, ce qui constitue une solution alternative face à la difficulté d’obtenir un montant important pour l’achat d’un nouveau logement.

Il a également estimé que cela traduit le fait que « la nouvelle génération n’est plus en mesure d’accéder aux crédits bancaires, notamment ceux destinés à l’acquisition d’un nouveau logement ».

Par ailleurs, il a soulevé la question du recours, par une part importante des Tunisiens, à des crédits d’amélioration de logement qui sont finalement orientés vers d’autres usages, notamment la consommation.

S’agissant des crédits bancaires à la consommation, leur encours a atteint 5,4 milliards de dinars à fin 2025, soit une augmentation de 297,6 millions de dinars par rapport à décembre 2024, mais à un rythme plus modéré en volume.

Il a souligné que, malgré la baisse du taux directeur par la Banque centrale, les taux d’intérêt appliqués par les banques restent, selon lui, « élevés », ajoutant : « Nous n’avons pas encore atteint des niveaux de taux qui encouragent réellement les Tunisiens à emprunter. Si la politique monétaire devient moins restrictive en 2026, cela pourrait donner une forte impulsion à la consommation. »

Concernant les crédits destinés à l’achat de voitures, l’analyste a indiqué qu’ils ont atteint 443,3 millions de dinars à fin décembre 2025, enregistrant une hausse de 29,6 millions de dinars par rapport à fin décembre 2024.

Enfin, les crédits universitaires représentent une part marginale de l’encours total des crédits bancaires. Ils ont atteint 14,9 millions de dinars à fin 2025. Selon lui, le recours à ce type de financement s’explique par la volonté de certaines familles d’investir dans l’éducation de leurs enfants, que ce soit dans l’enseignement secondaire ou supérieur privé. Il a considéré cette tendance comme importante, traduisant le pari des familles sur l’investissement dans le capital humain, dans un contexte de demande croissante, notamment étrangère, pour les compétences tunisiennes issues de l’enseignement supérieur et dans des secteurs stratégiques.

Écrit par: Meher Kacem



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