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Hausse des prix du pétrole : un risque majeur pour l’équilibre budgétaire tunisien, selon Bassem Ennaifer

today02/03/2026

Arrière-plan

L’analyste financier Bassem Ennaifer a alerté sur les répercussions directes de la récente flambée des prix du pétrole sur les finances publiques tunisiennes, dans un contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient entre l’Iran et les États-Unis.

Il a souligné, au micro d’Expresso, ce lundi 2 mars 2026, que le prix du baril de Brent a récemment atteint environ 79 dollars, un niveau nettement supérieur au prix de référence retenu dans la loi de finances 2026, fixé à une moyenne annuelle de 69,3 dollars.

Un surcoût lourd pour le budget de l’État

Selon Ennaifer, le calcul du coût énergétique repose sur une moyenne annuelle des prix. Ainsi, toute hausse prolongée dans les mois à venir aura des conséquences directes sur le budget de l’État.

Il a précisé qu’une augmentation d’un seul dollar par baril par rapport aux hypothèses budgétaires engendre un coût supplémentaire estimé à 164 millions de dinars au titre de la compensation des carburants. Un fardeau supplémentaire pour les finances publiques, déjà fragilisées par un contexte économique marqué par une faible marge de manœuvre budgétaire.

Des répercussions au-delà du budget

L’impact ne se limite pas aux équilibres financiers de l’État. L’analyste a expliqué que la hausse des prix des hydrocarbures affecte directement les coûts de production dans de nombreux secteurs, notamment ceux utilisant des matières plastiques, dérivées du pétrole.

Les carburants constituent également un élément clé dans le transport et la distribution. Or, la Tunisie dépend largement des importations énergétiques en provenance de pays qui ne pratiquent pas de politiques de soutien aux prix. Toute hausse mondiale se répercute donc mécaniquement sur les coûts internes, alimentant une nouvelle vague inflationniste.

Le spectre d’une inflation importée

Bassem Ennaifer a mis en garde contre une aggravation de l’inflation importée, liée à la hausse des prix internationaux, à l’augmentation des coûts du transport maritime et des assurances, ainsi qu’aux perturbations des routes commerciales.

Il a notamment évoqué le ralentissement du trafic en mer Rouge et au canal de Suez, ainsi que les risques liés au détroit d’Ormuz, des facteurs susceptibles d’allonger les délais de livraison et d’augmenter les coûts logistiques. Ces hausses finissent par se répercuter sur les prix des matières premières et des produits manufacturés importés par la Tunisie.

Le scénario d’un choc pétrolier majeur

L’analyste a également abordé la question des capacités mondiales de stockage du pétrole, soulignant l’existence de réserves temporaires permettant d’assurer la continuité de la production pendant quelques jours en cas de perturbation.

Toutefois, il a averti qu’une fermeture du détroit d’Ormuz pendant plus de 25 jours pourrait provoquer un choc sévère sur la production et les exportations mondiales, propulsant les prix du baril vers les 100 dollars.

Dans un tel scénario, le principal risque pour la Tunisie serait l’élargissement du déficit de compensation et l’augmentation de la facture des importations énergétiques, ce qui exercerait une pression accrue sur le budget et limiterait la capacité de l’État à stabiliser les prix intérieurs sans recourir à des mesures exceptionnelles.

Vers des politiques anticipatives

Ennaifer a souligné que la stabilité des équilibres financiers de la Tunisie demeure étroitement liée à l’évolution du marché énergétique mondial.

Il a appelé à l’adoption de politiques anticipatives, notamment à travers la mise en place de mécanismes de couverture contre la volatilité des prix, la diversification des sources d’approvisionnement et l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance aux marchés extérieurs.

Écrit par: Meher Kacem



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