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Express Radio Le programme encours
today30/03/2026
Le professeur universitaire d’économie Nabil Alimi a affirmé que la mesure visant à durcir les conditions de financement des importations de certains produits, récemment décidée par la Banque centrale, ne signifie pas une interdiction des importations, mais plutôt leur organisation et leur rationalisation dans un contexte économique délicat.
Il a expliqué, au micro d’Expresso, ce lundi 30 mars 2026, que la circulaire de la Banque centrale s’inscrit dans la continuité de décisions précédentes, tout en présentant une spécificité au niveau de ses mécanismes. Elle interdit aux banques et aux intermédiaires financiers de financer l’importation de certains produits, tout en exigeant que ces opérations soient réalisées via un autofinancement des importateurs. Il a précisé que la Banque centrale a néanmoins veillé à introduire des exceptions importantes, notamment pour les marchés publics et les importations des entreprises industrielles, à condition que les produits concernés soient destinés à la production. Il a considéré cela comme un point positif visant à protéger le tissu industriel national et à préserver les emplois.
Alimi a souligné que l’objectif principal de cette décision est de réduire le déficit commercial, d’autant plus que les produits concernés sont majoritairement classés comme des biens de consommation non essentiels ou non prioritaires. La décision vise également à atténuer les pressions inflationnistes, soit en limitant le financement bancaire des importations, soit en réduisant ce qu’on appelle l’inflation importée, dans un contexte de volatilité des marchés internationaux.
L’expert économique a également indiqué que ces mesures pourraient encourager le renforcement de la production locale, à travers la substitution de certaines importations par des produits tunisiens. Cela contribuerait à créer de nouvelles opportunités d’emploi et à réduire le chômage, tout en préservant les réserves en devises.
Il a insisté sur le fait que le problème pour la Banque centrale ne réside pas uniquement dans le niveau des réserves, mais aussi dans la manière de les utiliser, appelant à les orienter vers des secteurs stratégiques, notamment dans un contexte de tensions internationales et de hausse des prix de l’énergie. Il a estimé que ces décisions s’inscrivent dans une approche anticipative face à un environnement mondial instable, mais qu’elles demeurent insuffisantes si elles ne sont pas accompagnées de réformes structurelles profondes touchant les politiques économiques et financières.
Alimi a mis en garde contre le fait que la réduction de l’offre sur le marché pourrait, à court terme, entraîner une hausse des prix et donc une augmentation de l’inflation. Il a estimé que cette politique présente un double tranchant, tout en soulignant que l’équilibre pourrait être atteint progressivement grâce au développement de la production nationale.
Et d’insister sur la nécessité de passer d’une logique de réaction à l’élaboration d’une stratégie économique claire, capable de renforcer la résilience de l’économie tunisienne face aux chocs extérieurs et d’assurer la durabilité des équilibres financiers à long terme.
Dans le même contexte, l’expert économique Chakib Ben Mustapha a affirmé que les récentes mesures émises par la Banque centrale de Tunisie, relatives à l’organisation des importations et au contrôle de la balance commerciale, auront un impact limité sur l’économie nationale, malgré l’écho politique conjoncturel qu’elles pourraient susciter.
Écrit par: Meher Kacem
BCT importations de produits non essentiels