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Raoudha Boukadida : le durcissement du financement des importations peut être réévalué, modifié ou annulé

today31/03/2026

Arrière-plan

La directrice générale des opérations de change à la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Raoudha Boukadida, a affirmé que le durcissement du financement des importations n’est pas une mesure nouvelle, mais qu’il avait déjà été appliqué en 2017 et 2018, avec des résultats concrets pour limiter les importations de produits non essentiels, dont le rythme est passé de 20 % à 6 %.

Elle a précisé, au micro d’Expresso, ce mardi 31 mars 2026, que la décision actuelle, visant à renforcer les conditions de financement de l’importation de certains produits jugés non prioritaires, s’inscrit dans une orientation nationale de rationalisation des importations, après une hausse continue du déficit commercial, qui s’est élevé à 17 milliards de dinars en 2023, 19 milliards en 2024 et plus de 21 milliards en 2025, ce qui a imposé, selon elle, la mise en place de mesures pour freiner cette fuite de devises.

Boukadida a fait savoir que le nouvel arrêté ne prohibe pas l’importation, mais modifie la modalité de financement : les banques ne financeront plus l’importation de certains biens non essentiels, et le fournisseur devra recourir à ses propres ressources pour financer ces opérations. Cette orientation vise à diriger les crédits vers l’investissement et la production plutôt que la consommation, tout en réduisant la pression sur les devises et en soutenant le produit tunisien.

Elle a également souligné que cette mesure n’est pas permanente et peut être réévaluée, modifiée ou annulée, en fonction de l’évolution des indicateurs économiques, notamment le déficit commercial et les réserves de devises.

Elle a ajouté que cette mesure devrait soutenir la production locale en réduisant la concurrence étrangère, améliorer progressivement la balance commerciale et orienter le financement vers les secteurs productifs. Cependant, elle a reconnu que des inquiétudes existent concernant la pression sur les petites et moyennes entreprises dépendant du financement bancaire, un risque de hausse des prix dû à la réduction de l’offre, ainsi que l’éventuelle expansion du marché parallèle en cas de faibles contrôles. La Banque centrale mise donc sur un renforcement de la surveillance douanière et fiscale pour accompagner cette décision et limiter ses impacts négatifs.

Et de préciser que l’importation des produits essentiels, tels que médicaments et blé, n’est pas concernée par cette mesure et que leur financement est garanti en toutes circonstances. Certaines exceptions ont également été prévues, notamment pour l’importation de matières premières destinées à la production, afin d’éviter de perturber le cycle économique.

Enfin, Boukadida a insisté sur le fait que cette mesure s’inscrit dans une logique de meilleure gestion des réserves de devises, notant que plusieurs pays adoptent des mesures similaires, telles que l’augmentation des droits de douane ou l’imposition de restrictions sur certaines importations, dans le cadre de la protection de leur économie face aux crises mondiales.

Écrit par: Meher Kacem



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