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Aram Belhadj appelle à l’adoption d’une politique budgétaire fondée sur une austérité intelligente

today01/04/2026

Arrière-plan

L’économiste Aram Belhadj a affirmé que la guerre contre l’Iran aurait un impact direct sur l’économie mondiale et les marchés, évoquant notamment une possible hausse des prix des carburants, à l’instar de ce qui s’est produit en Égypte, ainsi que des effets sur le commerce extérieur, les chaînes d’approvisionnement, le climat d’investissement — en particulier les investissements directs étrangers — et le secteur agricole.

Il a précisé, au micro d’Expresso, ce mercredi 1er avril 2026, que ces répercussions toucheront également la Tunisie, même si elles ne sont pas encore clairement perceptibles, notamment en raison du maintien des prix des carburants et de l’électricité, ainsi que d’une relative stabilité du comportement du consommateur tunisien.

Il a indiqué que la Banque centrale de Tunisie (BCT) a pris des mesures anticipatives, en durcissant les opérations d’importation à travers une nouvelle circulaire encadrant le financement des importations de certains produits non prioritaires, dans le but de rationaliser les importations et de préserver les réserves en devises, tout en maintenant inchangé le taux directeur.

Il a estimé que ces mesures sont appropriées, en particulier sur le plan de la politique monétaire, affirmant que la Banque centrale évolue dans la bonne direction, tout en soulignant la nécessité pour la politique budgétaire de s’adapter aux mutations mondiales. Il a également relevé que l’augmentation des salaires ne constitue pas une solution suffisante, précisant que la réalisation de l’État social passe par la création de richesse et la croissance économique.

Mesures conjoncturelles et opportunités de la guerre

Dans ce contexte, il a appelé à l’adoption d’une politique budgétaire fondée sur une austérité intelligente et la maîtrise des dépenses, tout en insistant sur la nécessité d’élever le niveau de conscience face aux évolutions internationales. Il a proposé plusieurs mesures, notamment la rationalisation de la consommation d’énergie, le renforcement des stocks de céréales, ainsi que la possibilité d’élargir le recours au télétravail.

Belhadj a expliqué que la poursuite de la guerre et son extension auraient des répercussions négatives sur l’économie tunisienne, tant au niveau du budget que du pouvoir d’achat des citoyens. Il a rappelé, à cet égard, des rapports du Fonds monétaire international confirmant l’impact des évolutions au Moyen-Orient sur l’économie mondiale, soulignant que la Tunisie n’est pas à l’abri de ces effets.

En revanche, il a estimé que les crises économiques, malgré leurs conséquences négatives, offrent également des opportunités à exploiter, à condition d’y être bien préparé, citant l’exemple de la pandémie de Covid-19 dont la Tunisie n’a pas su tirer pleinement profit, notamment en matière d’attraction des investissements étrangers.

Et d’affirmer que la guerre actuelle pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives pour la Tunisie, mais que leur exploitation dépend de la capacité à éviter les erreurs du passé, à définir une vision claire et à engager des réformes majeures, soulignant que chaque crise comporte des opportunités, dont la valorisation nécessite une réelle préparation.

Écrit par: Meher Kacem



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