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Express Radio Le programme encours
today10/04/2026
Asma Ben Hassine, présidente de l’Institut tunisien du travail inclusif, a affirmé que le régime de l’autoentrepreneur a été instauré principalement pour intégrer les travailleurs de l’économie informelle dans le circuit économique formel, en simplifiant les procédures et en leur offrant un cadre juridique souple leur permettant d’exercer leurs activités en toute légalité.
Elle a précisé, au micro d’Expresso, ce vendredi 10 avril 2026, que ce régime cible toute personne travaillant à son propre compte dans des activités spécifiques, avec un plafond de chiffre d’affaires annuel ne dépassant pas 75 mille dinars, ce qui en fait une option adaptée à de larges catégories de jeunes et de porteurs d’initiatives individuelles.
Elle a révélé que le nombre d’inscrits sur la plateforme numérique de l’autoentrepreneur a atteint, à ce jour, environ 8 800 adhérents, avec un rythme d’inscription quotidien en hausse, reflétant une prise de conscience croissante de l’importance de ce dispositif. Elle a souligné que l’année 2025 a constitué un véritable lancement, marqué par des avantages importants, notamment l’exonération de déclaration et de paiement, ce qui a encouragé de nombreux citoyens à adhérer.
Ben Hassine a également annoncé que la plateforme de déclaration et de paiement sera opérationnelle à partir du 15 avril 2026, précisant que le nombre de personnes concernées par la déclaration dans cette première phase restera très limité. Elle a ajouté que le démarrage effectif et à grande échelle des déclarations aura lieu en juillet 2026, lorsque davantage d’auto-entrepreneurs commenceront à déclarer leurs revenus et à s’acquitter de la contribution unique couvrant les impôts et la sécurité sociale.
Par ailleurs, elle a indiqué que l’auto-entrepreneur bénéficie, durant la première année d’avantages, d’une prise en charge par l’État de sa contribution à la sécurité sociale via le Fonds national de l’emploi. Elle a insisté sur le fait que les personnes travaillant déjà dans le secteur privé ne sont pas tenues de payer une double cotisation sociale, mais uniquement celle liée à leur activité d’auto-entrepreneur, sans cumul d’affiliation.
En revanche, Hassine a reconnu l’existence de plusieurs difficultés, notamment un manque de maîtrise du cadre juridique au sein de certaines administrations, des complications dans les relations avec les recettes des finances, des obstacles à l’ouverture de comptes bancaires et un flou concernant certaines situations fiscales des auto-entrepreneurs. Elle a toutefois souligné que ces difficultés sont normales dans une phase de lancement et que les différentes structures œuvrent à les résoudre progressivement à travers la clarification et la coordination entre les parties concernées.
Elle a également indiqué que certaines banques n’ont pas encore suffisamment adapté leurs services à ce nouveau régime, ce qui complique l’ouverture de comptes professionnels pour les auto-entrepreneurs. Elle a insisté sur l’importance de développer les moyens de paiement numériques et de mettre en œuvre l’identité digitale afin de faciliter les opérations financières et de renforcer la transparence des transactions.
Ben Hassine a annoncé des travaux en cours pour la création d’une structure représentative des auto-entrepreneurs, qui servira de porte-voix pour exprimer leurs préoccupations et proposer des réformes visant à améliorer le cadre juridique.
Elle a adressé un message rassurant aux auto-entrepreneurs, affirmant que ce régime, malgré les défis qu’il comporte, représente une véritable opportunité pour organiser les activités économiques individuelles et bénéficier de la protection sociale. Elle a appelé à faire preuve de patience, estimant que toute réforme rencontre des difficultés à ses débuts, mais s’améliore avec le temps et l’expérience.
Écrit par: Meher Kacem